[✎] La théorie des six

Selon la « théorie des six », énoncée en 1929 par le Hongrois Frigyes Karinthy, tout individu sur terre peut être relié à n’importe quel autre par une chaîne de connaissances ne comptant pas plus de cinq intermédiaires. Ainsi, chacun de nous est à six poignées de main de n’importe quel habitant du fin fond de la Mongolie-Extérieure.
Cet auteur ne s’attendait certainement pas à ce que sa théorie devienne un jour le mode opératoire d’un tueur en série. Julien Dussart lance pourtant ce défi à la police : il annonce qu’il a décidé de tuer « quelqu’un » et que la seule façon de l’arrêter consiste à comprendre sa logique. Qui sera la sixième cible ? La réponse à cette énigme permettrait au commissaire divisionnaire Sophie Pont de sauver les cinq premières victimes. Enfin… quatre. Le premier cadavre est retrouvé, le jeu peut commencer…

Ahh ce livre…
Il me faisait de l’oeil depuis un petit temps, du coup, quand je l’ai vu en partenariat sur Livraddict, je n’ai pas hésité une seconde à postuler en croisant très fort les doigts pour le remporté :) et hop, la chance a fait le reste.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on rentre totalement dans l’univers glauque et dérangé de ce tueur en série… J’aime l’aspect très psychologique du livre. On rentre de plein pied dans la psychologie à la fois dérangée et très organisée de cet homme, on apprend petit à petit son enfance, ses raisonnements et le pourquoi de ses gestes…
Les détails sont parfois tellement présents qu’on a réellement l’impression de connaître le tueur, et on apprend tellement à le connaître qu’on pourrait presque se prendre pour lui, ressentir les choses comme lui les ressent…

Cependant , le livre m’a relativement déçue point de vue du suspens… Car alors que la théorie énoncée était très prometteuse, très intéressante, … l’histoire quand à elle met beaucoup de temps à se mettre en place réellement, et l’effet « suspens » tient plus du policier à la Agatha Christie que du Thriller à proprement parler… j’ai trouvé ça un peu dommage, car le déroulement est cependant très agréable, dans un style d’écriture très plaisant à la lecture, très envoutant, faisant que les pages se tournent les unes après les autres…

C’est l’aspect trop prévisible présent dans ce livre qui gâche un peu tout, selon moi…

Donc pour résumer, dans sa globalité, c’est un bon livre, dommage que le suspens ne soit pas un peu plus présent…

 « Je déteste prendre le métro le dimanche soir à la station Convention. Je crois qu’il n’y a rien de plus triste au monde. Il faut attendre des heures sur un quai totalement silencieux en observant de loin les rares voyageurs qui vous regardent en coin. « 

« Moi j’aime bien laisser le couteau enfoncé quelques secondes, le temps de voir le sang commencer à gicler sur mes doigts, puis, selon mon humeur du moment, je retire la lame d’un geste brusque , ou bien très doucement , mais toujours de façon rectiligne afin que la plaie, une fois nettoyée, soit bien nette et régulière. Une coupure de quelques centimètres à peine, que le légiste étudiera ensuite avec soin. »

Ce livre a été lu en partenariat avec Livraddict et les éditions Le livre de poche que je remercie grandement pour cette collaboration…

Erato, Fée-tish, Lise, Lecturevvv, Soundandfury,

Ce livre a été lu en lecture commune avec la plupart des autres lecteurs cités ci dessus… Au terme de la lecture, chacun a pu poser une question sur le livre… Voici ma réponse à certaines d’entre elles:

* Soundandfury: Vous avez craqué? Vous avez tenté de jouer à la théorie des six? Racontez!?
 Oh non, je n’oserais pas… Je trouve cela effrayant de se dire qu’on pourrait être « si proche » de certaines personnes… Que finalement, on pourrait, de cette manière, être lié à certains criminels et/ou monstres…

* Fée-tish: Qu’est-ce qui vous a le plus dérangé/perturbé dans cette lecture ?
Dérangé, je dirait l’aspect beaucoup trop prévisible qui gâche un peu le plaisir…

* Lisalor : Quand avez vous commencé à comprendre l’intrigue ?
Très rapidement, voire trop rapidement… et puis, au moment où on en vient à exposer la manière dont il s' »y prend géographiquement pour choisir sa victime, là, pas de doute possible, ou presque, quant à l’issue du livre…

[✎] Georges Simenon

Sylvie est douée pour tout. Marie n’est qu’une fille qui louche, qui la méprise et qui l’envie. Les deux amies d’enfance séparées par le destin se retrouvent vingt ans après.

Au départ, j’ai choisi ce livre un peu au hasard…

Quand je prends un livre en partenariat, j’aime prendre un livre dont je ne connais rien, dont je n’ai jamais lu l’auteur, … car c’est ainsi l’occasion pour moi de découvrir de nouveaux horizons littéraires… Ainsi, je n’ai d’influence d’aucune sorte en abordant l’ouvrage…
Donc, quand je l’ai vu en proposition de partenariat, je n’ai pas hésité…

Pour l’histoire, il faut avouer que j’ai trouvé  les débuts un peu fades…On se demande un peu où l’auteur veut en venir…
La première partie du livre se passe en 1922… Deux jeunes filles amies depuis l’enfance, Marie qui louche, et Sylvie qui elle est convoitée par tous les regards… Un jeune homme un peu niais qui se donne la mort indirectement pour les beaux yeux de la belle… S’en est presque banal…

J’ai préféré de loin la seconde partie du livre où il y avait malgré tout un peu plus de suspens
Sylvie, dont les ambitions dans la vie était de se trouver un gentil mari pour l’entretenir, a-t-elle trouvé son idéal de vie? Un décès latent va-t-il l’aider dans l’accomplissement de ses « rêves »? Une nouvelle vie va-t-elle s’ouvrir à elle? Et Marie dans tout ça, quel sera son rôle? Sa place?

Mais chuuuut, je ne vais quand même pas tout vous raconter…

Il y a cependant quelque chose qui m’a ému dans ce livre, dans la première partie du livre: la gentillesse presque naïve de Marie pour son « amie », et ce, malgré le fait que cette dernière ne lui soit pas vraiment agréable…
« Marie usait de petites ruses, apportait par exemple des gâteaux en douce en prétendant que c’étaient des restes du restaurant que Mme Laboine lui avait donnés. Une autre fois, furtivement, elle avait glissé un peu de monnaie dans le sac de son amie, et, cette fois là, elle constata que Sylvie en était presque arrivée à son dernier centime » (page 110)
Et on retrouve cette même volonté d’aider son amie des années après, même si au fil du livre, on se rend bien compte que Marie a perdu de sa naïveté d’antan…

J’ai vraiment pris ce personnage de Marie en affection… elle a quelque chose d’attirant, comme si tout ce la nature lui a donné de beauté était restée coincée à l’intérieur, ne lui laissant à l’extérieur qu’un physique ingrat…

Le livre se lit vraiment facilement, la lecture est fluide, d’un trait… Le style d’écriture est simple, et agréable à la lecture. On peut sans peine se représenter les scènes… c’est ce que j’aime dans un livre. Au vu de l’aspect relativement « plat » du livre, c’est la manière dont il est écrit qui encourage le lecteur (pour ma part en tous cas) à continuer la lecture page après page…

Ce livre m’aura malgré tout donné l’envie de découvrir d’autres oeuvres de cet auteur, pour des moments « lectures détentes » bien agréables.

 – Tu dors? 
Sylvie ne répondit pas, n’eut pas un frémissement. Elle respira seulement un peu fort, pour donner le change, mais il n’y avait pas beaucoup d’espoir que la marie s’y laissât prendre.
– Je sais que tu ne dors pas. 
La voix de Marie était calme, monotone, vaguement plaintive, comme la voix de certaines femmes qui ont eu des malheurs. 
– tu le fais exprès de ne pas dormir, continuait-elle dans l’obscurité de la chambre.

« Toujours Marie avait parlé de cette voix-là, toujours elle s’était obstinée à dire, posément, tout ce que les gens n’aiment pas entendre. Est-ce parce qu’elle était laide et qu’elle louchait? Des gamines, en classe, s’écartaient d’elle, prétendant qu’elle avait le mauvais oeil.« (page 12)

13/20

 
Merci Livraddict et Le livre de poche pour ce partenariat…

[✎] Jessie Prichard Hunter

(¯`·._.••·.·´¯`·.·•☆ L’histoire ☆•·.·´¯`·.·••._.·´¯)
C’était un Américain comme les autres qui rêvait de choses toutes simples : une clôture à claire-voie, une cuisine intégrée et une voiture qui fasse l’admiration des voisins.

C’était un père de famille tranquille, qui, la nuit venue, prenait sa camionnette et roulait le long des rues sombres et désertes de Manhattan à la recherche d’une jolie blonde à violer. Il lui tranchait délicatement la gorge et puis rentrait chez lui embrasser sa femme et ses enfants et regarder la télé en sirotant une bonne bière.

Qui aurait pu le soupçonner ? Qui aurait pu deviner son terrible secret ? Qui sinon, peut-être, celle qui l’avait épousé. Pour le meilleur d’abord. Puis très vite pour le pire.

(¯`·._.••·.·´¯`·.·•☆ Mes impressions ☆•·.·´¯`·.·••._.·´¯)
Je ne savais pas à quoi m’attendre en prenant ce livre, au hasard un peu, juste parce que le titre m’a fascinée…

Je dois bien avouer que je ne regrette pas mon choix…

J’ai adoré le lire, car chaque page portait en elle le suspens suffisant pour donner envie de passer à la suivante…

L’histoire est certes un peu banale au demeurant: une famille parfaite en apparence, dans une ville des Etats Unis où des meurtres sont perpétrés par un tueur en série qui sévit au point de terroriser les femmes de la ville…. Banale histoire… Jusqu’au moment où la femme de la « famille parfaite » commence à faire le lien entre ces meurtres et son mari… L’engrenage est lancé…

Il faut bien avouer qu’à force, ce genre de livre peut facilement mener à une certaine paranoïa, se dire que, finalement, on ne connaît jamais vraiment les gens qui nous entourent…

L’histoire est bien amenée, juste ce qu’il faut de détails pour laisser l’imagination du lecteur faire le reste pour l’amener où le doute s’installe, où les questionnements s’enchaînent, …

Ce que j’ai aimé, c’est que ce livre met également l’accent sur les signes précurseurs du « danger » chez l’enfant, à savoir est ce qu’il est possible, de par certaines actions faites pendant l’enfance, de déceler certaines déviances à venir?
Page 181: « Il avait tué un chaton quand il avait neuf ans. Celui-ci s’était soumis, les yeux clos aux doigts qui le caressaient derrière les oreilles, le long de la ligne si délicate du cou. Il ronronna. Son cou frémit très légèrement sous la main: tout de nerfs et d’os. Quand il appuya avec ses doigts, le corps se tendit brusquement et les griffes s’enfoncèrent dans sa cuisse, une bouffée de chaleur lui monta jusqu’au cerveau. Il se frotta le pouce contre son index qui se rejoignaient à la base du cou tandis que, de l’autre main, il maintenait les pattes du chat pour l’empêcher de griffer. Il ne se souvenait plus de ce à quoi il pensait. »Est ce que ce genre de comportement chez l’enfant va irrémédiablement entraîner une recrudescence de la violence à l’âge adulte? Comment l’empêcher? Comment le repérer?

Bref, tout cela pour illustrer le fait que ce livre, sous une histoire qui peut sembler des plus « traditionnelle », permet de se poser pas mal de questions en tous genres, ce que j’aime dans la lecture…

Suspens, rebondissements, intrusion dans l’imaginaire morbide d’un tueur en série… voilà ce qui résume bien les mots-clés pour définir ce livre..

(¯`·._.••·.·´¯`·.·•☆ Le début ☆•·.·´¯`·.·••._.·´¯)
« Pas un souffle de vent. Chantez un Fa en … La mineur disons, et on entendra un Ré. Chantez un Ré, et il restera suspendu dans les airs, sans écho, le temps qu’il faut pour enfoncer la lame du couteau. »

(¯`·._.••·.·´¯`·.·•☆ Au hasard ☆•·.·´¯`·.·••._.·´¯)
Page 10: « Tour en riant silencieusement, il essuya le manche de son couteau contre la jambe de son pantalon, prenant soin de ne pas se couper. Il ne supportait pas la vue de son propre sang ».
Un peu contradictoire quand même pour un tueur en série, non??

Page 34-35: « C’est dingue ce que les hommes peuvent dire des femmes en leur présence et s’en tirer comme ça, dit Gail. Je me souviens d’un type qui a osé me sortir qu’il ne ferait jamais confiance à une femme, car il ne voyait pas comment on pouvait faire confiance à une chose qui saignait une fois par mois pendant cinq jours sans mourir. »
J’ai adoré cette réplique, ne me demandez pas pourquoi 🙂 mais elle m’a marquée 🙂

Note personnelle: 17/20

[✎] Personnes disparues

(¯`·._.••·.·´¯`·.·•☆ L’histoire ☆•·.·´¯`·.·••._.·´¯)
Comment expliquer la disparition de Justin, six mois, et de sa baby-sitter de quinze ans ? Aucune trace, pas de demande de rançon. A Taylorsville, on ne manque pas de coupables tout désignés, objets de haines diverses : cette Ellen, dépressive depuis la mort de son enfant en bas âge ; ou ce prof de lycée déjà inculpé pour harcèlement sexuel envers une mineure…

(¯`·._.••·.·´¯`·.·•☆ Mes impressions ☆•·.·´¯`·.·••._.·´¯)
J’ai beaucoup aimé ce livre !
Je trouve l’intrigue bien menée, même si je pense que la fin se traîne un peu…
Patricia Macdonald a un style d’écriture qui fait que tout au long du roman, tout semble couler de source, il n’y a pas de brêche, pas de faille dans la continuité… je n’y ai trouvé aucun temps mort, aucun moment où on se dit « il ne se passe rien ».

Le sujet du livre, un enlèvement d’enfant, ça arrive de plus en plus de nos jours, et ce roman permet d’être un peu « des deux côtés du miroir »… on vit l’angoisse des parents tout au long du livre, et à la fin, on vit les motivations des personnes responsables de l’enlèvement…

le tout dans une ambiance inquiétante, haletante, et menée de main de maître du début à la fin…

La seule chose que j’ai un peu regretté, ce sont les sentiments du prêtre vis à vis de Maddy… J’ai trouvé cette vision décalée et hors sujet… l’histoire s’en serait très bien sortie sans ce mélange de sentiments, et le prêtre y aurait tout autant trouvé sa place sans ceux ci…

Un livre que je conseille néanmoins à tous les amateurs du genre. Un bon moment lecture en perspective..

Note personnelle: 16/20

[✎] Un cri dans la nuit

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Quatrième de couvertureJeune divorcée, Jenny se débat dans la vie pour élever ses deux petites filles. Lorsqu’elle fait la connaissance du beau, riche et irrésistible Erich Krueger, Jenny a le coup de foudre. Après une cour hâtive, Erich l’épouse et l’emmène avec ses filles chez lui, au Minnesota, dans une maison de rêve. Mais le bonheur de Jenny ne dure pas longtemps. Bientôt survient une succession d’incidents étranges et terrifiants ; le conte de fées tourne à l’épouvante… Un cri dans la nuit, après La Nuit du renard et La Clinique du docteur H., confirme Mary Higgins Clark comme le maître incontesté du suspense. 

(¯`·._.••·.·´¯`·.·••·.·´¯`·.·•☆ Mes impressions ☆•·.·´¯`·.·••·.·´¯`·.·••._.·´¯)

Ce que j’ai aimé dans ce roman, c’est l’atmosphère qui y règne…
Tout au long du récit, on se demande ce qui est vrai, ce qui est imaginaire,… je me suis moi-même retrouvée emplie de doutes quant aux certitudes que j’avais en lisant les dix pages précédentes…
Dans beaucoup de romans de Mary Higgins Clark, le drame, l’intrigue met du temps à se mettre en place, elle éclate quasi à la fin, mais pas ici… Dès les premières pages, on est plongé dans l’intrigue, dans le drame, dans la succession d’évènements tragiques…
 
Ce que j’ai aimé également, c’est la richesse psychologique des personnages… La manière dont ils évoluent, dont ils parviennent à leurs fins… Ils en sont parfois si machiavéliques…
 
Le seul bémol, la seule chose que je trouve dommageable, c’est la trop grande naïveté de Jenny… Elle semble presque irréelle… Car on ne peut manquer de se dire qu’une personne « normale » aurait eu la puce à l’oreille bien plus tôt,ce serait posé des questions plus tôt, et n’en serait pas arrivée là…
 
Mais Chuuut, je ne vais pas tout vous dire non plus 🙂
 
Mais globalement, il s’agit là d’un des meilleurs livres de Mary Higgins Clark qu’il m’ait été donné de lire… Ma « passion » pour cette auteure ne s’en trouve donc pas entachée…
 

Note personnelle: 16/20