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Mauvais Augures de Kelley Armstrong

Editions Bragelonne
528 pages | Traduit par Cogne Florence
Sortie : 18 Juin 2014

fiche de la maison d’édition
Prix: 23 €

Le monde d’Olivia Taylor-Jones, fille unique d’une riche et célèbre famille, bascule lorsqu’elle apprend qu’elle a été adoptée… et que ses vrais parents sont un couple de tueurs en série ! Une nouvelle qui jette son entourage dans un indésirable tourbillon médiatique.
Contrainte de fuir, Olivia se retrouve à Cainsville, une mystérieuse petite ville dont les habitants semblaient attendre sa venue. Elle y rencontre l’ancien avocat de sa mère, qui souhaite l’aider à découvrir la vérité sur ses origines. Mais alors qu’ils commencent à enquêter, Olivia se surprend à utiliser des capacités enfouies depuis son enfance, des dons qui font d’elle un apport précieux pour cette communauté recluse…

Ma note

3 sur 5

 

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avis 10Ah la la, par où commencer pour cette chronique… je crois que la chronique sera aussi laborieuse que la lecture…

Au début, ce livre et moi, ce fut le coup de cœur…

Le style d’écriture est assez sympa, les pages glissent sous les yeux, ça se laisse lire facilement si comme moi, on accroche bien au livre dès le départ, et que le thème nous embarque… donc pour un début, c’est juste nickel… pour les 200 premières pages, je dirais…

Un narrateur omniscient par moment, un narrateur « actif » à d’autres, j’adore ça car on agrandit son champ de vision, et on ne se lasse pas…

Comme le résumé le suggère, l’histoire a des fonds de « fantastique », de superstitions, et ça, j’adore… Je suis quelqu’un qui adore les légendes urbaines, les superstitions, les choses comme ça, donc là, j’étais dans un élément qui m’a vraiment intéressée… j’ai franchement adoré avoir, tout au long du récit, des petites superstitions glissées ça et là…

« L’une des ouvertures de mes taies d’oreillers était tournée vers l’intérieur. Je m’assurais toujours que la mienne le soit vers l’extérieur. J’aurais pu argumenter que c’était pour des raisons esthétiques, mais en vérité, il s’agissait d’une superstition de plus : si l’ouverture n’est pas visible, les cauchemars sont coincés et perturbent votre sommeil. C’était insensé, mais je savais pertinemment que je ne l’avais pas disposée ainsi. »

Mais à côté de ça… il arrive vite quelques longueurs qui peuvent décourager si on n’accroche pas directement à l’histoire… et qui à force, sont venues me décrocher alors que j’ai adoré le début… Je trouvais ça un peu lent, mais malgré tout, j’aimais ce que je lisais. Mais passée la moitié du lire, c’est juste devenu lourd, on tournait un peu en rond, et le « suspense » lié à l’histoire principale devenait inexistant, insignifiant… Le livre a pour moi au final été un peu bâclé. Et je n’ai pas eu le final explosif que j’espérais…

Il y a eu très peu de vrais rebondissements en fait… voire quasi pas, et c’est ce qui m’a un peu manqué car cela donne un côté plat et inabouti au livre.

Maintenant, je sais qu’il s’agit d’un tome un, qu’il ne fallait pas tout dire de suite… Mais alors, quand on veut faire des pages pour faire des pages, pour faire une saga… non quoi… on fait un one shot et on fait ça bien…

Bref, j’ai aimé la lecture, mais mon engouement du départ est vite retombé, et je m’ennuyais J’aurai plaisir à lire la suite pour voir si ce que j’attendais comme fin dans le premier tome arrivera ou pas, mais j’espère surtout qu’il y aura plus de rebondissements que dans le premier tome.

 part livraddict

 chroniques à lire

 Ly Titisse 

Un visage dans la foule de Stephen King & O’Nan Stewart (2014)

Depuis la mort de sa femme, Dean Evers trompe l’ennui de ses vieux jours devant les matchs de baseball à la télévision. Quand soudain, dans les gradins, il découvre au cœur de la foule un visage surgi du passé. Quelqu’un qui ne devrait pas être là, au stade… ni même parmi les vivants.
part livraddictSoir après soir, Dean se laisse hypnotiser par les visages de ceux qu’ils n’espérait – ou ne voulait – plus voir. Mais le pire est à venir…

 

ce que j'en ense

4 - une très bonne surprise

Ahhh le bonheur de retrouver mon auteur chouchou, j’étais aux anges… Ces derniers temps, j’avais plutôt envie de livres un peu plus courts, c’est pourquoi j’avais un peu délaisser Stephen King, mais là, voir une de ses nouvelles sortir, c’était pour moi une évidence de la découvrir…

Pourtant, je dois vous avouer que j’avais une petite réticence: le fait que ce soit centré sur le Baseball… Je ne suis pas du tout branchée sport donc j’avais un peu peur de ne pas accrocher… mais finalement, même si la majeure partie de l’histoire tourne autour d’un terrain de baseball, c’est passé comme une lettre à  la poste 🙂

Pour certains, les nouvelles de Stephen King sont décevantes car pas assez développées. Pour ma part, j’ai juste adoré. J’ai retrouvé tout ce que j’aime chez cet auteur:

  • Un style recherché juste ce qu’il faut pour ne pas être niais, sans être pompeux… Un style qui permet au lecteur, dès les premières lignes, d’être pris au piège dans l’histoire…
  • Des personnages qui ne sont pas là pour faire de la figuration, mais qui ont un vrai rôle dans l’histoire….
  • Des descriptions présentes tout comme il faut pour nous permettre de bien  nous représenter les scènes sans être bombardés d’infos inutiles et barbantes
  • Une impression de réalisme qui ne quitte pas le lecteur… tout est crédible et c’est ce qui permet de se laisser entraîner aussi facilement…
  • Une histoire qui accroche, qui prend le lecteur dans ses filets pour ne plus le laisser filer avant la fin de l’histoire…

Alors oui, on est dans une nouvelle, donc tout va vite, certes, mais pas trop vite, et c’est là toute la différence.

Concernant l’histoire, ce qui est génial, c’est que l’on découvre les choses « en douceur » d’une part, et ce malgré le fait que l’on soit plongé tout de go dans l’action. Stephen King sait ménager la tension, les doutes, les questionnements, pour que le lecteur puisse se faire une petite idée sur l’issue, sans toutefois en avoir la certitude avant la fin…

Bref, une belle réussite et un pur moment de régal livresque en ce qui me concerne… Cela m’a vraiment donné envie de replonger de plus en plus dans l’univers littéraire de cet auteur chouchou de tous les temps pour moi, qui n’a jamais été détrôné…

 

d'autes l'ont lu

     

 

 

[✎] Repas éternel

Titre: Repas éternel
Auteur: GUDULE

Genre: Horreur / Nouvelle

Maison d’édition: Bragelonne
Année d’édition: 2011

Nombre de pages: Ebook
Prix: 2,99 € (Fnac, Amazon)

  Oyez, bonnes gens, le club des petites filles mortes ouvre ses portes. Au menu: sang frais, frissons, peurs bleues et nuits blanches à gogo. Avis aux amateurs ! Car ces gamines, elles en ont, de belles et terribles choses à vous raconter… Des contes modernes, effrayants et bouleversants, où elles se vengent des adultes avec une cruelle innocence. Avec un humour qui arrache le sourire et un style incisif unique en son genre, teinté de poésie et d’émotion. Bienvenue dans l’horreur des contes de fées qui ont mal tourné, au pays des enfances brisées dont les rescapées sont d’autant plus attachantes qu’elles peuvent devenir très, très méchantes…

   La salle d’attente de la gare, dont d’épais rideaux masquent les fenêtres, ressemble au fumoir d’un club britannique : divans et fauteuils de cuir matelassé, guéridons pourvus des journaux du jour, lumières tamisées, et même, en ce froid matin de novembre, un feu de cheminée. Virtuel, bien entendu, mais plus vrai que nature. Et répandant, par souci de confort autant que d’authenticité, une bonne chaleur rassurante.

Cette pièce est réservée aux voyageurs de première classe. Exclusivement. La musique douce et stéréophonique qu’y diffusent deux haut-parleurs emplit l’espace d’une myriade de notes feutrées.

— Nana na nanana na na…

Mme Blum fredonne en même temps que les instruments, histoire de se donner une contenance.

Elle est arrivée en avance, comme toujours. Vieux réflexe de commerçante. Son mari, ses enfants et ses petits-enfants l’ont accompagnée au guichet et, après les traditionnelles embrassades, sont repartis en larmes. Que ces adieux sur les quais de gare sont donc éprouvants ! L’ambiance se prête aux épanchements outranciers et exacerbe les sensibleries. Mme Blum a insisté pour qu’on abrège. Elle a même omis d’embrasser Jonathan, le petit dernier de sa fille aînée…

J’ai eu envie de tenter ce livre car depuis que j’ai goûté à la plume de Gudule, elle est devenue pour moi un incontournable en matière d’horreur…

Et comme j’étais à la recherche d’un petit livre pas trop contraignant, lisible en ebook, donc parfait pour moi lire le soir sous la couette… je n’ai pas été plus loin 🙂

Haaaa j’étais si contente de replonger dans un livre de Gudule, qui m’enchantent à chaque fois… Pourtant, cette fois, ce fut une demi-déception… ça arrive…

Le style de Gudule est toujours dans la veine de ce qui lui est propre: la plume franche,  brutale, le verbe aiguisé, acerbe, avec des mots crus pour choquer le lecteur et le percuter de plein fouet…

S’aidant les uns les autres, se hissant mutuellement, les malheureux finissent bon an mal an par embarquer. Non sans quelques bavures, comme d’habitude, un « homme en rouge » trop zélé ayant, dans sa hâte, éclaté la tête d’un gamin estropié qui tentait de s’enfuir, et une jeune aveugle s’étant, par mégarde, fourvoyée sur la voie au moment où l’on accrochait les wagons. Écrabouillée entre les butoirs, elle est à présent répandue sur les rails, telle une harde vermeille. Sa tête, intacte, a roulé de côté : un joli visage aux yeux blancs que le choc a extrait aux trois-quarts des orbites, où l’ahurissement s’est plaqué comme un masque…

Le vocabulaire est recherché.. Les mots sont choisis avec soin, car même si on est dans l’horreur, ce n’est pas pour autant que la langue française et la beauté de ses mots doivent être mis de côté.

Cependant, j’ai eu beaucoup de mal à entrer dans le livre, car j’ai trouvé les débuts laborieux et très décousus. Je dois avouer que ma déception vient de là… la forme ne rend pas hommage à ce que le fond du livre pourrait apporter… Le fil conducteur de l’histoire m’a semblé très hasardeux, très fragile… j’avoue que ce livre sera donc l’exception à la règle dans mon amour inconditionnel des livres de Gudule…

 

Du point de vue de l’histoire, on est plongé dans un univers assez particulier. Un monde post-apocalyptique où toutes les valeurs sont bouleversées, chamboulées, … Les personnes sans emploi, sans domicile, les personnes âgées, les handicapés, … sont considérés comme des déchets de la société (le mot est faible, mais je ne peux pas trop vous en dire),

Voici celle, difforme et boitillante, du nain jaune, bambin de cauchemar que les facéties de la génétique maintiennent, depuis plus de quarante ans, dans un simulacre d’enfance. Au Moyen Âge, son anomalie lui eût valu la protection d’un prince. Au vingt et unième siècle, c’est un paria. La HCR l’a condamné à mort pour crime de dégénérescence. La clandestinité lui accorde un sursis. Il y a cinq ans qu’il n’a pas vu le jour

Dans ce monde, la nourriture manque cruellement, au point que celle telle que nous la connaissons n’existe plus, elle est totalement épuisée…  (je prends le « risque » de vous le dire, car bien qu’étant le fond de l’histoire en premier plan, ce n’est que la base de l’ambiance, de l’environnement, … donc ne criez pas « au spoil » 😀 ) Dès lors, le gouvernement a dû mettre en place certaines mesures vouées à trouver, malgré tout, une source de nourriture pour continuer à alimenter la population… surtout les plus nantis, cela va de soi…

Eh non, mon gars, pas des gens. Mais quand leur saleté de pollution a pourri toute la terre, l’a bien fallu grailler, n’est-ce pas ! On a commencé par boulotter nos morts, puis on s’est organisés…

Pour les personnages… Ouch, là aussi… J’ai trouvé que pour une nouvelle, donc un court récit par essence, il y a beaucoup trop de personnages différents qui sont mis en avant… Du coup, je n’ai pas réussi à m’attacher à eux, et c’est toujours embêtant à mes yeux dans une lecture, car cela me donne un gout d’inachevé, de manque…

Une histoire de fond intéressante, un univers surprenant, dérangeant, comme je les aime…

Dommage pour l’aspect brouillon et le trop plein de personnages qui ont fait de cette histoire une déception.

  A ceux qui aiment le brut, le violent, le gore. A ceux qui aiment se poser des questions sur la société et ses dérives (même si ici, on atteint l’impensable)…

  Ce livre me permet de gagner 5 points dans le Dark Challenge,

BookHystericLove  (attention, risque de spoilers)

     

[✎] La petite fille aux araignées

Titre VF : La petite fille aux araignées

Auteur: Gudule

Genre : Epouvante

Maison d’édition: Bragelonne
Date de publication : 2005 pour l’original, 2011 pour la version électronique

Pages : / ebook
Prix : 2,99 €

Miquette refuse de communiquer avec autrui, mais elle parle dans sa tête, se raconte… Elle raconte pourquoi elle élève des araignées, les nourrit de mouches qu’elle attrape en compagnie de Gogol, son « pote » mongolien, à l’hôpital où elle a fini par échouer… Elle raconte comment, un jour, sa mère a commencé à vieillir à toute allure pendant que sa tante rajeunissait. Elle raconte comment la première se retrouve finalement dans la tombe où devrait reposer la seconde… Comment son chien Titus, qu’on lui a enlevé, avait compris bien des choses, tout chien qu’il est… Elle nous confie le secret du contenu de cette poupée dont elle ne s’est jamais séparée… L’histoire de Miquette n’est-elle que la fabulation d’une petite fille traumatisée, ou a-t-elle pénétré dans un territoire où la magie vaudou se moque bien de la psychanalyse ?

      Encore un magnifique livre de Gudule… Je ne me

lasse pas de la lire… Un personnage central attachant, une histoire terrifiante… tout en frayeur 🙂 Encore une fois, un vrai coup de cœur…

J’ai toujours eu un attrait tout particulier pour les livres de Gudule… J’aime vraiment la plume de cette auteure et ce livre n’y fait pas exception…

Miquette, c’est cette petite fille aux araignées… C’est elle qui nous raconte son histoire… L’auteure prend donc « l’apparence » de cette petite fille pour nous raconter ce conte, dans un style frais, enfantin, amusant, … mais terriblement prenant…

 « Mon élevage d’araignées intrigue tout le monde. Au début, ça n’a pas été facile. À la maison, aucun problème : la cave en était pleine, il suffisait de les attraper pour les mettre dans ma boîte à troutrous. Mais ici, il fait bien trop propre. Les murs laqués blancs n’accrochent pas les toiles, et le ménage est fait tous les jours. La cave, on n’a pas le droit d’y aller, et le grenier non plus. Heureusement qu’il y a le jardin. « 

 Elle nous décrit les choses de la vie telle qu’elle les voit, par son regard à la fois incrédule, presque innocent et imaginatif de petite fille d’une dizaine d’années.

 Dès le départ, on sent qu’il va se passer quelque chose de terrible, quelque chose que ses yeux d’enfant voient venir, sans comprendre tout de suite… l’atmosphère est telle que l’on se sent happé par le récit… personnellement, j’avais du mal à me raisonner, à me dire « il est temps de dormir, pose ce livre Hyly »

 Et c’est là tout le talent de Gudule: Elle parvient, mine de rien, à installer ce climat de tension, d’étrangeté, qui va mener le lecteur par le bout du nez dans une atmosphère pleine de frissons…

 Miquette est intrépide, amoureuse de la vie, débordante de vie… du moins, c’est comme ça qu’elle était avant le drame qu’elle nous raconte. A présent, sa détresse, sa peine et son histoire font qu’elle reste profondément affectée.

 « Ici, ils prétendent que je suis « aphasique ». Ça veut dire « muette », en langage de docteurs. Quels idiots ! J’ai jamais été muette, moi ! Du temps de maman, je parlais comme vous et moi. Même qu’à l’école, la maîtresse me trouvait trop bavarde. Et je chantais aussi. C’est seulement après que j’ai décidé de me taire. Après. Quand il n’y a plus eu personne pour m’écouter vraiment. Ni maman, ni Titus, ni même Tu-Ahn ou tante Madeleine. Personne »

 Elle est terriblement attachante, car on ressent bien les émotions qu’elle peut ressentir, toutes ces choses qui l’affectent font qu’on la prend irrésistiblement en sympathie…

 On y fait aussi la connaissance de la maman de Miquette, et de sa tante Madeleine… Les deux femmes sont en totale opposition l’une de l’autre… L’une jeune, l’autre plus âgée, l’une d’une gentillesse hors paire, l’autre d’un machiavélisme à toute épreuve…

 Et puis, il y a Tu-Ahn… acupuncteur, à la relation assez ambigüe avec Madeleine, dont les aiguilles semblent être assez efficaces pour les unes, et pas du tout pour les autres…

Pourtant, il faut reconnaître que l’on reste très en surface point de vue des personnages… On en apprend un peu sur eux, mais cela reste très superficiel… le point d’orgue est mis sur l’action, sur le suspense, sur l’histoire en elle-même, et Gudule ne s’attarde pas sur quelque détail qui ne ferait que ralentir l’action et perturber le lecteur dans sa lente ascension de l’épouvante et de l’horreur.

Malgré l’humour grinçant qui est présent tout au long du récit et qui caractérise à merveille la plume de Gudule, elle sait également émouvoir le lecteur par des moments forts en émotions, même s’ils sont eux aussi racontés dans un style qui lui est si particulier…

 « Paraît que ce n’est pas douloureux, l’euthanasie. J’ai vu un reportage là-dessus, à la télé. Les chiens ouvrent une gueule immense et sortent la langue. Déroulée, c’est très long une langue de chien. Une fois qu’ils sont morts, elle pend jusqu’à terre. La langue de Titus était douce et tiède. Il me léchait toujours la figure. Maman râlait mais nous, on s’en fichait. C’est normal de s’embrasser quand on s’aime, non ? Je me demande s’ils lui ont retiré sa muselière, pour le tuer. »

J’ai passé un très bon moment en compagnie de cette petite fille aux araignées le temps qu’elle me narre son histoire…

Même si l’histoire en elle-même n’a rien de franchement novatrice, il faut reconnaître que Gudule a su y apporter une toute nouvelle dimension, un tout autre souffle…

Une auteure de talent, une histoire pleine de sous entendus et de frissons, un personnage principal très attachant… Le bon mélange pour un moment lecture terrifiant mais agréable…

 

[✎] La Baby-Sitter

La baby-sitter
Gudule
Bragelonne
  117 pages
  2,99 Euros en Kindle Edition (format électronique)
Étrange gouvernante pour de très bizarres enfants…
Et si la rassurante baby-sitter se laissait dominer peu à peu par la sauvage et sanglante violence que contiennent les contes de fées qu’elle lit le soir aux enfants ? Les deux gamins pourront-ils échapper à celle qui tout d’un coup se prend pour l’ogre et traque les chères têtes blondes ?
Le grand méchant loup se lèche les babines…


Ce roman est court, certes, mais il est surtout percutant, intriguant effrayant, et nous plonge dans un univers bien particulier et surprenant de terreur… (je ne serais pas étonnée de refaire des terreurs nocturnes, après ça 😉 )

  Parce que rien que le nom de l’auteur me fait sourire… Parce que dans ma PAL, j’avais déjà « la Bibliothécaire », et que j’ai vraiment eu envie de compléter cela avec « La baby-sitter »… Parce que la cover m’a intriguée, et le résumé également…

Et puis, pour une fois, le livre compte peu de pages, donc il se  lisait vite entre deux lectures plus conséquentes.

Je l’ai trouvée à la fois très belle et très intrigante… les couleurs m’ont directement attirées… je l’adore.

Le style de l’auteur est très agréable… enfin, entendons nous bien, vous le trouverez agréable si  vous aimer le choc, le cruel, le sadique, voir l’humour noir.

Par contre, si vous aimez les grandes descriptions et mise en place, passez votre chemin, car vous ne trouverez rien de tout cela ici… C’est du direct, on est plongé de plein fouet dans le cœur de l’histoire.

Dès le départ, je me suis sentie à l’aise avec sa plume, et elle a eu le don de me faire plonger dans le contexte… comme si j’y étais…

Il faut reconnaître que l’auteur a quelque peut l’esprit perturbé (dans le sens gentil du terme) pour nous écrire de telles choses… non mais sans rire, ça fait peur 🙂

Une multitude de flash-back viennent ponctuer l’histoire, afin d’entrer dans l’inconscient et les souvenirs de la baby-sitter… des souvenirs terrifiants…  J’ai eu un peu de mal au début avec cet effet de narration, cela m’a quelque peu perturbée, mais une fois que l’on s’y fait, on parvient à jongler avec le passé et le présent de manière aisée.

  En lisant le résumé, je me suis dit que ce n’était pas sans rappeler une des légendes urbainesdont je suis une inconditionnelle… C’est un peu pour ça aussi que j’ai craqué pour lui…

Alors même si l’histoire en elle-même est assez classique, elle ne m’a donné aucun goût de déjà vu.

 Imaginez, vous confiez vos enfants à une personne supposée être de confiance, qui peu à peu se révèle être totalement dérangée, limite psychopathe, dans sa manière de raconter les histoires…

 Tout au long du récit, la tension ne cesse de monter, on sent comme un piège qui se referme peu à peu sur nous et nous prend dans sa spirale infernale.

Le fait que l’histoire se passe dans un huis clos relatif n’arrange rien à l’histoire… on s’y sent pris au piège, comme si l’on était nous-mêmes en danger.

  Le personnage de Violette m’a conquise… je la trouve fraiche, divertissante, et du haut de ses neuf ans, elle a déjà des idées bien arrêtée… Par exemple, elle est une amoureuse des animaux… du coup, quand elle sera grande, elle sait déjà ce qu’elle veut faire… elle veut « faire » Brigitte Bardot, pour leur venir en aide.

Je la trouve adorable, et j’ai eu plaisir à retrouver de petites touches d’humour comme seuls les enfants peuvent nous transmettre.

La baby-sitter, Lucie, est sans aucun doute un personnage haut en couleurs. Elle a une manière à nulle autre pareille pour raconter les histoires, transformant un simple conte pour enfant en véritable pièce de théâtre, voire en film d’horreur… Complètement déjantée, je l’ai adorée, même si elle m’a fait frémir.

J’ai adoré le parallèle qui est fait, de manière omniprésente, entre les contes pour enfants, innocents et généralement apaisants, où la cruauté est présentée sous des formes plus douces, et les souvenirs de Lucie, qui eux, sont violents et cruels à souhait…

 J’ai vraiment apprécié que pour une fois, les choses ne se terminent pas bien… car les happy-end, c’est bien, mais au bout d’un moment, rester sur sa faim en matière de choses qui s’arrangent, c’est terriblement agréable.


Juste un conseil: la prochaine fois que vous aurez envie de jouir d’une soirée tranquille en amoureux, sans les enfants, et que vous devrez faire appel aux services d’une baby-sitter… repensez-y à deux fois…

un style décapant, des personnages terrifiants.

trop court.

Anne Duguël, nom de plume de Anne Liger-Belair, née à Ixelles (Bruxelles) le 1er août 1945, est un écrivain belge francophone. Elle écrit pour les enfants et pour les adultes et signe aussi sous les noms de Gudule, Anne Guduël, Anne Carali.

Son fantastique plonge ses racines dans l’enfance, ses peurs et ses angoisses et dans les dysfonctionnements psychiques de l’être humain. Ses histoires de possession, de jalousie, d’envoûtement, de transferts de personnalité, et de schizophrénie acquièrent en effet une structure solide, propre à porter, sans dérive externe, l’émotion fantastique.

La page facebook sur l’auteur (page dirigée par une lectrice)

CITRIQ

[✎] Natalie Lindstrom, tome 1 : Regard violet

Editions Bragelonne
Publié en 2008 ~ Langue : Française ~ 305 pages

La police les appelle : « les Violets ». A chaque génération, quelques individus naissent avec les yeux de cette couleur. Ils ont le don incroyable de permettre aux morts de revenir témoigner contre leurs assassins. C’est l’arme secrète de ceux qui luttent contre le crime. Natalie Lindstrom est de ces gens exceptionnels qui appellent les morts à la barre dans les procès pour meurtre. Mais un tueur a entrepris d’éliminer tous ceux qui, comme elle, ont ce don. Et de fermer leurs yeux pour toujours. L’agent du FBI Dan Atwater doit assurer la protection de Natalie, tandis que son esprit est déjà assailli par les cris d’agonie des victimes…

Je me suis lancée dans ce livre un peu par hasard… je ne savais pas quoi lire, et alors que je faisais un sondage sur ma page facebook pour déterminer ma future lecture (on fait ce qu’on peut 😉 ), ce livre est arrivé en tête…

Je ne connaissais pas du tout l’auteur, d’ailleurs… donc la découverte était totale…

J’avais craqué sur le titre, et le résumé était assez intriguant… mais cela faisait des semaines qu’il trainait sur mon ebook sans que je ne me lance dans sa lecture…

Et je dois l’avouer, c’est dommage de ne pas l’avoir fait plus tôt!

Je dois dire que le thème de la communication avec l’au-delà est un sujet que j’affectionne beaucoup et qui éveille souvent ma curiosité. (je suis fan de Ghost Whisperer, Médium et autres Dead Zone). Et l’approche qui en est faite ici, hors du commun, m’a ravie. Les morts et les vivants qui communiquent de manière si ouverte, j’ai trouvé ça vraiment intéressant.

Point de vue de l’intrigue, on entre directement dans le vif du sujet… pas de perte de temps inutiles, pas de descriptions barbantes…

L’histoire est originale, haletante, … C’est indéniable, on accroche et on se demande comment cela va évoluer… Le fantastique, l’imaginaire, côtoient le suspense… c’est vraiment agréable.

La lecture est aisée, car l’auteur réussit à merveille à envoûter le lecteur au fur et à mesure que les pages se tournent… et rien n’a pu me faire décoller de l’histoire. C’est également dû au fait, je pense, que les descriptions tant des personnages que des lieux donne l’impression d’assister à la scène comme si on assistait à une projection cinématographique.

Les personnages sont atypiques, mais typés, originaux…On apprend petit à petit à les découvrir, à les connaître, à les apprécier…

Point de vue de Dan, je n’ai pas trop compris sa phobie de toucher/être touché par un violet… Enfin, si, j’ai compris ses motivations, mais j’ai trouvé cela triste et cela illustre bien aussi certains préjugés.

Celui de Natalie est évidemment très intéressant, et j’ai apprécié ce personnage. Ses troubles m’ont touchée, comme sa peur du noir, ou des ascenseurs…  On comprend, au fur et à mesure, à quel point sa condition de « violet » a joué un rôle important dans son caractère, ses terreurs, et ses goûts parfois étonnants. Son histoire personnelle est émouvante, et la rend attachante.

Ce que j’ai aimé aussi, c’est que contrairement à ce que j’ai pu craindre en commençant la lecture, le livre n’est pas exagérément centré sur Natalie, … Bien sûr, en tant que « violet », elle a une place importante dans le livre, mais même si elle y joue un rôle important, elle laisse la place à d’autres personnages qui prennent plus ou moins d’importance.

La fin est quelque peu prévisible, ça, il faut bien le reconnaître… Enfin, en ce qui concerne le coupable en tous cas… maintenant, les raisons de ses agissements sont restées plus sombres pour moi jusqu’au dénouement..

Pour finir, je vais  sans nul doute faire une petite place dans ma PAL au second tome de cette saga… Peut-être pas là tout de suite, mais prochainement malgré tout…

Je vous le conseille vivement, si vous ne l’avez pas déjà lu…