[✎] Des blessures au pardon

La douleur causée par certaines blessures morale est souvent plustenace que celle causée par les blessures physiques, car elles sontsouvent plus ancrées en nous…
Le pardon, quant à lui, aide à aller de l’avant, mais n’est pas toujours évident à faire.

Une histoire profonde, émouvante, qui touche là où cela fait mal: en plein cœur.
Alors quand ce livre m’a été proposé, je l’ai tout de suite accepté, le résumé n’a pas mis longtemps à me convaincre…

« Irène est une adolescente blessée par la rigidité d’une éducationstricte. De sa relation avec sa mère naît un mélange de haine,d’incompréhension, de compassion et d’amour. Et quand elle croit neplus pouvoir atteindre le bout du tunnel, c’est souvent à travers deterribles épreuves que tout renaît. Seul, on n’est rien, on a besoindes autres pour exister car tout part de l’amour et tout nous ramène àl’amour.« 

J’ai franchement adoré la lecture de ce livre…

Le début du roman nous emmène dans les souvenirs de l’auteure, chez songrand-père… D’habitude, les descriptions et moi, cela fait deux, maisici, j’en aurais redemandé avec grand plaisir… Quel bonheur…
Ces descriptions, vouées à « planter le décor », m’ont fait voyager autravers de ces quelques pages… L’authenticité était telle qu’il nepouvait en être autrement, d’ailleurs.
Le style de l’auteure est frais, simple, agréable et dépaysant. ClairePascalin arrive sans peine à faire passer le message voulu, et à nousfaire partir à la découverte de son pays, ses croyances, son éducation…Les émotions sont, dans ce livre, à la limite du palpable…
« Pour lui, quelle que soit la tâche qui nous confiait, en aucun casnous ne devions refuser, pas question que ses enfants soient desfainéants. Nous devions être prêts à toute épreuve, car la vie ne faitpas cadeau. » (page 18)
Belle leçon donnée. Je pense que cette éducation se perd malheureusement…

L’œuvre est ponctuée de poèmes écris de la main de l’auteure, tout aulong de sa vie… ce qui rend ce livre encore plus authentique, encoreplus touchant…
De plus, cela amène une touche de fraîcheur, très agréable à la lecture…

Les dialogues sont dotés des répliques des parents en langue maternelle(traduites, bien entendu), c’est très dépaysant, et pour être honnête,personnellement, cela m’a donné encore plus l’occasion de m’y voir, deme plonger d’avantage dans l’univers privé, intime, de la narration…C’est se sentir d’avantage concerné par le récit que l’on est en trainde lire.

Je n’ai pu m’empêcher d’autre si triste pour cette fillette, … quand onest enfant, on a le droit au rêve, à sa vie d’enfant… j’ai eu unsentiment de dégoût pour cette prétendue mère qui l’en a privée.
Il y a un autre extrait qui m’a fortement touchée:
« Je compris que je symboliserais à tout jamais la voix de l’échec. Ellene croyait pas en moi, à ses yeux, je n’étais qu’une bonne à rien. Riende ce que je pouvais faire ne pouvait réjouir son cœur, je ne seraisjamais sa fierté. » (page 62)
Ce sentiment de ne jamais être à la hauteur aux yeux de sa mère est unedouleur morale des plus profondes qui marque toute une vie… Même aprèscoup, elle continue de poursuivre et de torturer l’esprit…

Il est difficile de parler de ce livre sans trop en dire… alors que lafin m’a touchée d’avantage, je ne peux malheureusement pas vous enparler.

Le point négatif que je ressortirais de ce livre, ce sont les tropnombreuses fautes d’orthographe, de grammaire, et de ponctuation… Carcertes, les personnes auto-éditées ne bénéficient pas nécessairement derelecteurs dans leur entourage, mais ici, les fautes étaient malgrétrès nombreuses… C’est vraiment très dommage (car il est question icide plus de 100 fautes sur un livre de 113 pages, ce qui n’est pasnégligeable).
D’ailleurs, ça a tellement perturbé ma première lecture de ce livre queje me suis obligée à le relire une seconde fois en essayant d’en fairetotalement abstraction, pour me concentrer sur l’histoire uniquement.

Je garde cependant un excellent souvenir de ma lecture, au travers d’unrécit troublant, émouvant, bouleversant… il me laisse dans le cœur unsentiment de tristesse et d’injustice… car personne ne devrait vivrepareilles douleurs venant de sa mère…
Merci au site « les agents littéraires » et à Claire Pascalin de m’avoirpermis de partager ce récit de vie en m’offrant la possibilité de lirece livre.

[✎] Le coeur d’hirondelle

Quand j’ai été contactée pour ce livre, j’ai lu et relu le résumé deux ou trois fois, et suite à cela, je l’ai accepté sans aucune hésitation…

« Les Policastro, originaires de Calabre, décident de fuir un quotidien économique difficile. Exit la terre sèche, la mer, la chaleur du climat méditerranéen… les parents et leurs cinq enfants émigrent à Chambéry dans les années soixante. Ils s’installent dans le quartier italien, où résonnent les dialectes calabrais et napolitain, et où on hume à toute heure les parfums du parmesan et de la sauce tomate mijotant sur le feu. Le narrateur se rappelle avec émotion l’intégration des membres de la famille, l’apprentissage de la langue française, l’école républicaine et laïque, les rencontres avec les autochtones. Mais l’attachement à la Calabre reste toujours présent et le narrateur, adulte, part redécouvrir ses origines.« 

Bien qu’il soit rare que je lise ce genre de livres, je ne sais pas pourquoi, c’est impossible à expliquer, mais je me suis sentie attirée par cette histoire, intriguée et curieuse d’en savoir plus.
A peine le livre reçu, j’ai mis de côté ma lecture du moment pour pouvoir commencer celui-ci… et je ne l’ai en rien regretté.

La première phrase du livre est déjà, à elle seule, une merveille qui m’a touchée: « Un peu partout dans le monde, le combat au quotidien, pour subsister dignement et honnêtement, commande aux plus courageux, inconscients ou désespérés, de sacrifier leur famille et de quitter leur terre contre la promesse d’un avenir fantasmé, issu de leurs rêves les plus fous.« 
C’est tellement vrai… et c’est dit d’une manière tellement simple et pourtant si touchante…

La vie telle qu’elle est vécue par un émigré n’est pas chose aisée… « Émigré : ce nom raisonne comme celui d’un condamné coupable d’un crime qu’il n’a pas commis, un crime dont tout le monde l’accable tant sur sa terre d’origine que sur sa terre d’accueil. » (page 10)
Et la perspective de suivre le combat quotidien de l’un de ces « aventuriers de la vie » parti à la conquête de son rêve promettait déjà une lecture chargée en émotions.
Tristesse, douleur, espoir, humiliation, souvenirs, … le tout s’emmêle dans ce périple pour l’intégration et l’acception…

L’auteur nous raconte cette histoire avec une apparente facilité déconcertante… et le récit se lit tel un journal intime qui aurait été abandonné sur le quai d’une gare en cours de voyage: même si le lecteur a l’impression de s’immiscer de manière impudique dans la vie de la personne qui a fait couler l’encre de son coeur pour livrer sa vie sur les pages d’un livre, l’envie d’en savoir plus est plus forte que tout… On se sent alors un peu « voyeur », mais on ne peut lutter contre.
Le style d’écriture de l’auteur n’y est sans doute pas pour rien… Des phrases pleines de sincérité, de force… Les pages se tournent les unes après les autres pour toujours plus de plaisir pour le lecteur de par les découvertes faites. Pas de tournures de phrases fioriturées, pas de blabla inutile… juste l’essentiel.

Dès le début du livre, pour bien imprégner le lecteur de l’ambiance, l’auteur ne lésine pas sur les détails… comme par exemple quand il explique le calvaire de fin de vie du grand-père, souffrant dans d’atroces circonstances physiques et morales. Certes, cela rend certains passages difficiles à lire, surtout quand, comme moi, on a un « petit coeur sensible »… Mais ce qui est bien, c’est que malgré tout, ces détails ne sont pas « de trop »… ils ne sont pas là pour combler le vide des pages comme cela peut parfois être le cas dans certains livres, mais au contraire, ils sont réellement attachés au récit et servent bien le passage des émotions ressenties.

Les mots couchés sur le papier nous sont livrés avec une telle force, une telle émotion…
Tout comme le narrateur, j’ai eu le coeur serré au moment des préparatifs, du départ… j’avais un peu l’impression que j’allais, à mon tour, tout laisser derrière moi pour un « ailleurs meilleur ».

Le livre nous permet, le temps d’une lecture, de nous mettre à la place de ces personnes qui quittent tout dans l’espoir d’un avenir meilleur, mais qui malgré tout partent sans savoir réellement ce qui les attend… le challenge est risqué pour eux, et le courage qui est le leur est tellement honorable…

« Mes parents avaient fait le choix de recommencer leur existence et ne se doutaient pas que celle-ci serait placée sous le signe d’une telle précarité. Une précarité qu’ils avaient déjà connue mais dépassée depuis longtemps déjà, malgré la pauvreté de notre Calabre.
Je ne voyais pas pour l’instant comment trouver ce mystérieux trésor dans ce gourbi sombre et sale, qui sentait la misère à plein nez, que nous avions échangé contre une vie somme toute digne, sous la chaleur et la clarté d’un soleil toujours plus radieux. » (page 65)

On entre aussi au coeur des traditions, telles que celle qui a donné son titre au roman… « le coeur d’hirondelle », sacrifice obligatoire pour s’assurer la bonne fortune. Une autre tradition qui nous est livrée à coeur ouvert est celle du cochon de la famille, tué peu avant Noël.

Au travers de ces pages, l’auteur permet de faire changer le regard que l’on peut avoir (que certains peuvent avoir) sur les émigrés, sur leurs réelles motivations, sur leurs difficultés rencontrées durant cette quête du meilleur… Car oui, ils viennent pour un mieux, mais doivent affronter tellement de galères et surmonter tellement de doutes pour y arriver… Et surtout, laisser derrière eux ce qui leur reste de famille… ce qui est aussi un sacrifice en soi, et pas des moindres.

Dans sa présentation du livre, l’auteur dit ceci: « Ce livre a pour but de faire toucher du doigt les dilemmes intérieurs de celui qui grandit et vit loin de sa terre et ses racines, nous dit-il. Les souvenirs les plus anciens de mon enfance reprennent vie et agissent comme des marqueurs génétiques identitaires, forts et indélébiles. »
En ce qui me concerne, l’objectif est atteint. Ce livre, plein d’authenticité, d’espoir, de doutes, de découvertes, est un véritable cheminement qui emporte le lecteur dans un périple profond.

Lu d’une traite, car impossible pour moi d’interrompre ma lecture en cours de route, ce livre, une fois fermé, m’a laissé tellement de questions en tête, des questions personnelles, intimes, telles que « est-ce que j’aurais eu ce courage? »… Cet ouvrage permet aussi de se remettre en question, de voir certaines choses d’un autre oeil, et laisse une trace bien après sa lecture terminée.

Ma note: 4/5

Un tout grand merci à l’auteur et au site « Les agents littéraires » pour cette découverte, et pour la confiance qu’ils m’ont accordée.

[✎] Mon fils, son cancer et moi

Ce livre fut un véritable coup au cœur quand je l’ai vu en partenariat… c’est le genre de livre qui, par son simple titre et sa quatrième de couverture, vous transperce déjà le cœur…
« Quand en septembre 2001, on nous apprend que notre fils, 13 mois, a une tumeur cérébrale, le ciel nous tombe sur la tête.
Impossible. Inacceptable. Intolérable.
Pourtant, ce n’est rien – ou presque – comparé à ce qui va suivre. Un cataclysme puissant qui arrache à la réalité, une maladie qui va nous emporter dans son impitoyable sillon.
Plus d’une année de traitement et une vie marquée à tout jamais au fer rouge, avec ces six lettres ancrées pour toujours dans nos chairs : c-a-n-c-e-r
Car le cancer n’est pas une maladie comme une autre. Le cancer est une maladie qui vous possède jusqu’à la fin de vos jours. On est un ancien cancéreux comme on est un ancien alcoolique, un ancien fumeur, un ancien toxicomane… Il faut toujours rester sur ses gardes, car on peut replonger n’importe quand.
 Sauf qu’avec le cancer, on est impuissant. On subit.
Ce livre est l’histoire de ce petit garçon qui devra se battre contre cette maladie avant même de savoir marcher. Ce livre est le parcours de cette force de la nature, cette force de la vie qui fait qu’un bébé est capable de tout supporter pour vivre, y compris des traitements parfois pires que la maladie. Ce livre est sans concession face à une réalité déchirante, celle de ces enfants qui meurent, dévorés petit à petit, laminés de l’intérieur.
Ce livre est notre histoire, celle d’une famille ordinaire qui s’est battue, se bat et se battra contre un mal « extraordinaire ». Une famille qui doit vivre – encore aujourd’hui – avec un invité bien indésirable.» Sandrine Coucke-Haddad
Dès les premières pages, on se sent irrémédiablement attirés par cette histoire, cette tragédie qui touche cette famille…
Le livre est écrit avec des mots simples, les mots du cœur, les plus beaux qui soient…
Cette maman parvient à faire passer ses émotions, ses ressentis, avec tellement de douceur, de douleur, et d’espoir à la fois… c’est vraiment extraordinaire…
Ce témoignage est tellement bouleversant, car s’il est « facile » d’imaginer le calvaire d’une mère qui voit son enfant souffrir et se sentir impuissante, la manière dont Sandrine Coucke-Haddad le raconte, c’est encore plus criant de vérité, et on vit cette période avec elle… l’apparition des premiers symptômes, les examens médicaux, l’annonce du diagnostic, les traitements…
On se prend en plein visage les impressions qui vont accompagner les différentes étapes de la maladie (le cancer du cerveau du petit Alexis): espoir, doutes, craintes, douleurs tant physiques que morales, incompréhension aussi… on accompagne vraiment la mère, l’enfant et l’entourage depuis l’annonce tout au long de la maladie.
Une fois le livre ouvert, il me fut impossible de le lâcher, et pour tout vous dire, avant de rédiger cette chronique, j’ai relu ce livre une seconde fois, dans la foulée… je ne sais pas pourquoi, mais cela me semblait « indispensable »…
 
Beaucoup se demanderont pourquoi avoir choisi d’écrire un tel livre, pourquoi s’abaisser à cela alors que cela ne changera rien, pourquoi ne pas vivre son chagrin dans son coin « comme tout le monde »… A cela, l’auteur y répond dans le livre: «  Pourquoi un livre ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi se dévoiler ainsi dans un élan manifeste
d’impudeur ? Peut-être parce que, à ce moment précis, ce livre est nécessaire pour aller de l’avant. Une démarche purement égoïste, une démarche sans objectif autre que celui de livrer cette histoire, brute. Mais peut-être que d’autres trouveront dans ce parcours un peu de ressources pour affronter leurs épreuves, quelles qu’elles soient. En tout cas, ce livre est pour moi une façon, enfin, de lui dire à ce cancer tout le mal que je pense de lui, droit dans les yeux, sans avoir peur. Ou presque.
« 
Ce livre est également un magnifique message d’espoir et de force pour tous ceux qui sont, de près ou de loin, touchés par la maladie d’un proche, et qui se sentent si impuissant face au mal.
Je remercie les éditions Kirographaires et Livraddict pour ce partenariat haut en émotions qui m’a permis non seulement de passer un moment lecture agréable, même si difficile, mais aussi pour m’avoir permis de découvrir ce livre merveilleux, touchant, et émouvant.