[✎] Mineure

 Qu’est-ce que le désir aux abords de l’âge mûr, lorsqu’on est courtisé par une jeune fille ? Sibylle a treize ans, Michel cinquante-cinq. Yann Queffélec analyse avec une minutie clinique les sentiments ambigus qui tourmentent son héros, homme marié, heureux, socialement établi, face à la passion brutale d’une adolescente aussi jeune que ses propres enfants, des jumelles. Non, il ne cédera pas… Mais sûre d’arriver à ses fins, Sibylle déploie toutes les ruses de la séduction féminine, poussant l’homme dans ses derniers retranchements… Du grand Queffélec.

 Ce livre me faisait de l’oeil depuis que je l’avais vu en partenariat, et je n’avais pas eu la chance de le remporter… Jusqu’à ce que je parvienne à l’avoir suite à un échange…

Ce livre, bien que très court est très troublant… Car j’ai eu beau le retourner dans tous les sens, je n’ai, à aucun moment, compris comment un homme de 55 ans peut être attiré par une gamine de 13 ans… rien à faire… N’est ce pas justement ce statut d’adulte qui fait que l’homme se doit de résister à ses pulsions s’il les sait contraires au bon ordre des choses? N’est-ce pas à lui de savoir dire STOP à une gamine qui lui envoie des messages en pleine nuit?

Alors certes, ce livre ne va pas m’amener à cautionner le comportement tel que celui de Michel, mais il permet de voir « l’envers du décor », celui où un homme se retrouve seul avec lui même face à ses souffrances pour résister à la tentation… et face à une ado de treize ans qui entre en plein dans la phase de sa vie où elle découvre son corps, ses désirs, et son pouvoir d’attirance en même temps… et qui ne maîtrise rien finalement, quoi qu’elle en pense… et qui ne s’imagine même pas la portée de ses actes.
Il brise un peu les à priori que l’on peut avoir, les idées toutes faites,… sans pour autant faire accepter cet état de choses.

Le livre comporte peu de page, le style d’écriture est terriblement fluide, il se lit « mine de rien », sans que l’on s’en rende compte, on avance peu à peu dans le roman, comme si c’était quelque chose de naturel… On se laisse malgré le sujet sensible emporter par l’histoire…

 Une merveilleuse découverte… qui permet en peu de pages de faire passer l’essentiel…

Merci Fée-tish pour cet échange qui m’a permis de découvrir cet auteur…

[✎] Journal d’Hirondelle

 Le héros n’a pas de nom. Ou plutôt pas d’identité fixe. Il change de nom et de vie comme on change de chemise. Coursier à Paris, il se fait passer pour un certain Urbain, tueur à gages insensible qui retrouve le plaisir des sens et du sexe par le meurtre. Puis il devient Innocent… Mais on ne change pas de vie si facilement. Le passé n’a jamais dit son dernier mot. Surtout lorsqu’il a le visage d’une adolescente fraîchement assassinée et dont le seul testament est un étrange journal intime. Comment ressusciter les sensations après s’être coupé des sentiments ?

J’ai beaucoup apprécié ce roman…

Je suis partie malgré tout avec beaucoup d’appréhensions, mais finalement, la surprise fut des plus agréables.
J’ai aimé cette intrusion dans la vie de cet homme…

Comment un homme peut il en venir à n’avoir plus aucun sentiment? Je trouve cela effrayant…

Ce livre, il est certain qu’il est terriblement dérangeant, mais il est aussi prenant… car même si on est révolté, dégouté, trop interpellé par le comportement du « héros », on ne peut pas poser le livre si facilement que ça… On a envie de savoir la suite, c’est plus fort que tout… De même, même si le personnage central peut apparaître des plus détestables, on ne peut s’empêcher de se prendre de sympathie pour lui… presque le plaindre…

Il est incontestable que je suis toujours aussi charmée par le style de l’auteur, à la fois déjanté, surprenant, énervant aussi parfois, mais c’est ce qui fait son charme, finalement.
Dans ce livre, il n’y a pas de descriptions inutiles et interminables, pas de blabla inutile… on va direct à l’essentiel… dans le vif de l’action…
Et le plus « drôle », c’est que malgré le thème abordé (un tueur, ce n’est pas rien), ce livre est bourré d’humour!

Le seul regret que j’ai vis à vis de ce livre, c’est qu’il ait été trop court.. et qu’on ne sache pas vraiment le pourquoi de la convoitise de l’objet de la controverse… (chuut je ne peux pas trop en dire non plus)
Je crois que je peux sans problème classer ce livre parmi mes trois préférés de l’auteur.
Ce livre m’a lui aussi été prêté par Laurence, mais sans nul doute qu’il va très certainement faire l’objet d’un prochain achat pour me permettre de le relire…

[✎] Nos amis les humains

 Les humains sont-ils intelligents ? Sont-ils dangereux ? Sont-ils comestibles ? Sont-ils digestes ? Peut-on en faire l’élevage ? Peut-on les apprivoiser ? Peut-on discuter avec eux comme avec des égaux ? Telles sont les questions que peuvent se poser les extra-terrestres à notre égard.
Pour en avoir le cœur net, ils kidnappent deux Terriens, un mâle et une femelle, Raoul et Samantha. Ils les installent, pour les étudier tranquillement, dans une cage à humains. Une  » humainière « . Ils espèrent ainsi assister à une reproduction en captivité. Le problème, c’est que Raoul est un scientifique misanthrope et Samantha une dompteuse de tigres romantique. Pas simple dans ce cas pour nos deux cobayes de se comprendre et, a fortiori, de s’aimer…

 Ce livre m’a également été prêté par Laurence 🙂 Décidément, qu’aurais-je fait sans elle?
Ce que j’aime avec Bernard Werber, c’est que chaque livre est une découverte merveilleuse, un univers bien particulier…
J’aime beaucoup le style de l’auteur dans ce livre: L’histoire est courte, le style est simple, aéré, rendant la lecture des plus agréables. Il est très aisé de se représenter ces deux humains dans leur cage de verre, et de voir leur progression. l’auteur a vraiment ce don de nous faire rêver, je pense, malgré les univers les plus improbables qu’il nous fait visiter.
Il faut reconnaître que très vite, on en vient à découvrir la fin, mais le livre est tellement bien que l’on a malgré tout envie d’en savourer chaque page… C’est ce qui selon moi est signe que le livre est bien écrit.. on n’arrive pas à s’en détacher aussi facilement…
« Nos amis les humains » se lit de manière fluide… Un moment de détente, de rêverie, de curiosité (savoir ce qui va se passer à chaque moment où la lumière s’éteint, par exemple), … Pour moi, tous les ingrédients sont présents pour une lecture plus relax entre deux livres plus « prise de tête » par exemple…

J’aime toujours autant le plume de Bernard Werber… Il arrive toujours à me transporter dans des univers qui n’appartiennent qu’à lui…

[✎] Est-ce ainsi que les femmes meurent?

 Catherine Kitty Genovese n’aurait pas dû sortir seule ce soir de mars 1964 du bar où elle travaillait, une nuit de grand froid, dans le Queens, à New York. Sa mort a été signalée par un entrefilet dans le journal du lendemain :  » Une habitante du quartier meurt poignardée devant chez elle.  » On arrête peu de temps après le meurtrier, monstre froid et père de famille. Rien de plus. Une fin anonyme pour cette jeune femme drôle et jolie. Mais sait-on que le martyre de Kitty Genovese a duré plus d’une demi-heure, et surtout que trente-huit témoins, bien au chaud derrière leurs fenêtres, ont vu ou entendu la mise à mort ? Aucun n’est intervenu. Qui est le plus coupable ? Le criminel ou l’indifférent ? Récit saisissant de réalisme et réflexion sur la lâcheté humaine, le roman de Didier Decoin se lit dans un frisson.

« Se lit dans un frisson ». Voilà comment finit  la quatrième de couverture en décrivant ce livre, et il faut bien reconnaître que c’est le cas…On ne peut avoir aucun doute là dessus.
Il faut déjà savoir que l’histoire de ce livre – la base de cette histoire – , certes romancée, est malgré tout un fait réel, véridique. Cela fait déjà porter un tout autre regard sur l’histoire, je trouve.
Le livre a ceci d’incroyable à mes yeux: il retrace avec une émotion particulière les travers de la société actuelle que sont l’indifférence au malheur d’autrui, le manque d’implication face à ce qui se passe autour de soit, et le côté pervers, fou, malsain que l’on rencontre de plus en plus, malheureusement.
Ehh oui, il ne faut pas se leurrer, de plus en plus de gens ferment les yeux sur ce qui se passe juste à côté d’aux. Personne (au sens large du terme, mais je ne tombe pas dans la généralité, je vous rassure) n’a envie de s’impliquer, tout le monde se dit « quelqu’un d’autre va réagir, je n’ai pas besoin de m’en mêler », et finalement, personne ne fait rien…
L’ambiance de ce livre est, comment dire, … angoissante, atroce, dérangeante… et pourtant, on y adhère sans aucune difficulté…
Un côté un peu plus négatif du livre réside dans le fait qu’on voit l’histoire sous différents points de vue. Cela rend la lecture plus pénible à mes yeux, mais cela n’enlève en rien le côté frissonnant du livre. Cela relève limite du détail.
En conclusion, je dirais que ce livre est époustouflant, car au-delà de l’horreur de l’histoire, il nous pousse aussi à nous remettre en questions, à nous demander « Et moi, qu’est ce que j’aurais fait dans un tel cas? « …
Il ne va rien épargner au lecteur, il n’est pas là pour ça, c’est clair… On ne peut pas sortir de ce livre, selon moi, en ayant été « un simple spectateur », un lecteur tout simplement… J’aime cela dans un livre, quand il reste quelque chose après avoir tourné la dernière page.

[✎] Lettre ouverte aux gens heureux

 
« Il n’est pas vrai que notre civilisation est inhumaine. Il n’est pas vrai que le progrès est catastrophique. Il n’est pas vrai que notre société est invivable.
Alliénation, pollution, surpopulation, sont des mythes. La grande injustice faite au Tiers Monde est aussi un mythe.
Bien entendu, il y a des dangers, des accidents, des problèmes. La navigation est difficile ? Oui, mais permettez : je ne fais pas confiance aux gens qui, à propos de la mer, ne me parlent que du mal de mer.
Des élites atteintes de sinistrose. Une opinion découragée par l’Eglise du Pessimisme occidental, une jeunesse corrodée par la canaillerie du dégoût. Voilà ce que cette lettre dénonce.
Pourtant des millions d’hommes, qui ne sont ni imbéciles ni pervers, trouvent que les choses, après tout, ne vont pas si mal que ça. Ces millions d’hommes ne manquent ni de confiance, ni d’espoir, ni de raisons de vivre dans cette société libérale. Mais ils n’osent plus l’avouer de crainte d’aller contre la super-mode du mécontetement.
Cette lettre réagit contre l’escroquerie morale organisée par les « nabots criards du négativisme ».
Persuader que les hommes qu’ils sont malheureux est une action infâme.
C’est une tâche sacrée que de répéter à l’homme qu’il est heureux et qu’il ne s’agit pour lui que de se rendre compte. »

L. P. 

J’ai choisi ce livre dans le cadre du « Challenge Mystère » organisé sur Livraddict.. J’ai donc choisi ce livre relativement au hasard, sur le simple titre et la couverture… Bien que pour la couverture, elle ne soit pas très marquante et bien tristounette par rapport au titre.
Un point positif cependant pour ce titre: Il n’y avait pas de résumé à la fin du livre, donc même si j’avais été tentée de « tricher », peine perdue, je n’aurais pas eu de quoi aller assouvir ma curiosité.
Avant de commencer la lecture, j’ai essayé d’imaginer le contenu… un petit récapitulatif des petits bonheurs de la vie? Une ode à l’optimisme? Ou au contraire, de quoi casser un optimisme trop prononcé en nous montrant tout ce qui ne tourne pas rond dans le monde?
Finalement, force est de constater que je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait…
Et finalement, grosse déception, au point que je n’ai même pas terminé le livre. Il montrait surtout toutes les situations où le pessimisme l’a emporté, alors que tout aurait, selon l’auteur, été mieux avec une vision très vieillotte des choses et de l’optimisme.
Bref, je me suis ennuyée comme jamais…
D’ailleurs, je préfère ne même pas lui mettre une note, n’ayant pas été jusqu’au bout.
Donc un coup dans l’eau pour ce challenge, espérons que la seconde partie du challenge sera plus agréable…

[✎] La théorie des six

Selon la « théorie des six », énoncée en 1929 par le Hongrois Frigyes Karinthy, tout individu sur terre peut être relié à n’importe quel autre par une chaîne de connaissances ne comptant pas plus de cinq intermédiaires. Ainsi, chacun de nous est à six poignées de main de n’importe quel habitant du fin fond de la Mongolie-Extérieure.
Cet auteur ne s’attendait certainement pas à ce que sa théorie devienne un jour le mode opératoire d’un tueur en série. Julien Dussart lance pourtant ce défi à la police : il annonce qu’il a décidé de tuer « quelqu’un » et que la seule façon de l’arrêter consiste à comprendre sa logique. Qui sera la sixième cible ? La réponse à cette énigme permettrait au commissaire divisionnaire Sophie Pont de sauver les cinq premières victimes. Enfin… quatre. Le premier cadavre est retrouvé, le jeu peut commencer…

Ahh ce livre…
Il me faisait de l’oeil depuis un petit temps, du coup, quand je l’ai vu en partenariat sur Livraddict, je n’ai pas hésité une seconde à postuler en croisant très fort les doigts pour le remporté :) et hop, la chance a fait le reste.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on rentre totalement dans l’univers glauque et dérangé de ce tueur en série… J’aime l’aspect très psychologique du livre. On rentre de plein pied dans la psychologie à la fois dérangée et très organisée de cet homme, on apprend petit à petit son enfance, ses raisonnements et le pourquoi de ses gestes…
Les détails sont parfois tellement présents qu’on a réellement l’impression de connaître le tueur, et on apprend tellement à le connaître qu’on pourrait presque se prendre pour lui, ressentir les choses comme lui les ressent…

Cependant , le livre m’a relativement déçue point de vue du suspens… Car alors que la théorie énoncée était très prometteuse, très intéressante, … l’histoire quand à elle met beaucoup de temps à se mettre en place réellement, et l’effet « suspens » tient plus du policier à la Agatha Christie que du Thriller à proprement parler… j’ai trouvé ça un peu dommage, car le déroulement est cependant très agréable, dans un style d’écriture très plaisant à la lecture, très envoutant, faisant que les pages se tournent les unes après les autres…

C’est l’aspect trop prévisible présent dans ce livre qui gâche un peu tout, selon moi…

Donc pour résumer, dans sa globalité, c’est un bon livre, dommage que le suspens ne soit pas un peu plus présent…

 « Je déteste prendre le métro le dimanche soir à la station Convention. Je crois qu’il n’y a rien de plus triste au monde. Il faut attendre des heures sur un quai totalement silencieux en observant de loin les rares voyageurs qui vous regardent en coin. « 

« Moi j’aime bien laisser le couteau enfoncé quelques secondes, le temps de voir le sang commencer à gicler sur mes doigts, puis, selon mon humeur du moment, je retire la lame d’un geste brusque , ou bien très doucement , mais toujours de façon rectiligne afin que la plaie, une fois nettoyée, soit bien nette et régulière. Une coupure de quelques centimètres à peine, que le légiste étudiera ensuite avec soin. »

Ce livre a été lu en partenariat avec Livraddict et les éditions Le livre de poche que je remercie grandement pour cette collaboration…

Erato, Fée-tish, Lise, Lecturevvv, Soundandfury,

Ce livre a été lu en lecture commune avec la plupart des autres lecteurs cités ci dessus… Au terme de la lecture, chacun a pu poser une question sur le livre… Voici ma réponse à certaines d’entre elles:

* Soundandfury: Vous avez craqué? Vous avez tenté de jouer à la théorie des six? Racontez!?
 Oh non, je n’oserais pas… Je trouve cela effrayant de se dire qu’on pourrait être « si proche » de certaines personnes… Que finalement, on pourrait, de cette manière, être lié à certains criminels et/ou monstres…

* Fée-tish: Qu’est-ce qui vous a le plus dérangé/perturbé dans cette lecture ?
Dérangé, je dirait l’aspect beaucoup trop prévisible qui gâche un peu le plaisir…

* Lisalor : Quand avez vous commencé à comprendre l’intrigue ?
Très rapidement, voire trop rapidement… et puis, au moment où on en vient à exposer la manière dont il s' »y prend géographiquement pour choisir sa victime, là, pas de doute possible, ou presque, quant à l’issue du livre…

[✎] Georges Simenon

Sylvie est douée pour tout. Marie n’est qu’une fille qui louche, qui la méprise et qui l’envie. Les deux amies d’enfance séparées par le destin se retrouvent vingt ans après.

Au départ, j’ai choisi ce livre un peu au hasard…

Quand je prends un livre en partenariat, j’aime prendre un livre dont je ne connais rien, dont je n’ai jamais lu l’auteur, … car c’est ainsi l’occasion pour moi de découvrir de nouveaux horizons littéraires… Ainsi, je n’ai d’influence d’aucune sorte en abordant l’ouvrage…
Donc, quand je l’ai vu en proposition de partenariat, je n’ai pas hésité…

Pour l’histoire, il faut avouer que j’ai trouvé  les débuts un peu fades…On se demande un peu où l’auteur veut en venir…
La première partie du livre se passe en 1922… Deux jeunes filles amies depuis l’enfance, Marie qui louche, et Sylvie qui elle est convoitée par tous les regards… Un jeune homme un peu niais qui se donne la mort indirectement pour les beaux yeux de la belle… S’en est presque banal…

J’ai préféré de loin la seconde partie du livre où il y avait malgré tout un peu plus de suspens
Sylvie, dont les ambitions dans la vie était de se trouver un gentil mari pour l’entretenir, a-t-elle trouvé son idéal de vie? Un décès latent va-t-il l’aider dans l’accomplissement de ses « rêves »? Une nouvelle vie va-t-elle s’ouvrir à elle? Et Marie dans tout ça, quel sera son rôle? Sa place?

Mais chuuuut, je ne vais quand même pas tout vous raconter…

Il y a cependant quelque chose qui m’a ému dans ce livre, dans la première partie du livre: la gentillesse presque naïve de Marie pour son « amie », et ce, malgré le fait que cette dernière ne lui soit pas vraiment agréable…
« Marie usait de petites ruses, apportait par exemple des gâteaux en douce en prétendant que c’étaient des restes du restaurant que Mme Laboine lui avait donnés. Une autre fois, furtivement, elle avait glissé un peu de monnaie dans le sac de son amie, et, cette fois là, elle constata que Sylvie en était presque arrivée à son dernier centime » (page 110)
Et on retrouve cette même volonté d’aider son amie des années après, même si au fil du livre, on se rend bien compte que Marie a perdu de sa naïveté d’antan…

J’ai vraiment pris ce personnage de Marie en affection… elle a quelque chose d’attirant, comme si tout ce la nature lui a donné de beauté était restée coincée à l’intérieur, ne lui laissant à l’extérieur qu’un physique ingrat…

Le livre se lit vraiment facilement, la lecture est fluide, d’un trait… Le style d’écriture est simple, et agréable à la lecture. On peut sans peine se représenter les scènes… c’est ce que j’aime dans un livre. Au vu de l’aspect relativement « plat » du livre, c’est la manière dont il est écrit qui encourage le lecteur (pour ma part en tous cas) à continuer la lecture page après page…

Ce livre m’aura malgré tout donné l’envie de découvrir d’autres oeuvres de cet auteur, pour des moments « lectures détentes » bien agréables.

 – Tu dors? 
Sylvie ne répondit pas, n’eut pas un frémissement. Elle respira seulement un peu fort, pour donner le change, mais il n’y avait pas beaucoup d’espoir que la marie s’y laissât prendre.
– Je sais que tu ne dors pas. 
La voix de Marie était calme, monotone, vaguement plaintive, comme la voix de certaines femmes qui ont eu des malheurs. 
– tu le fais exprès de ne pas dormir, continuait-elle dans l’obscurité de la chambre.

« Toujours Marie avait parlé de cette voix-là, toujours elle s’était obstinée à dire, posément, tout ce que les gens n’aiment pas entendre. Est-ce parce qu’elle était laide et qu’elle louchait? Des gamines, en classe, s’écartaient d’elle, prétendant qu’elle avait le mauvais oeil.« (page 12)

13/20

 
Merci Livraddict et Le livre de poche pour ce partenariat…

[✎] Veronika décide de mourir

287 pages
2007
Editions Le Livre de Poche

 
(¯`·._.••·.·´¯`·.·•☆ L’histoire ☆•·.·´¯`·.·••._.·´¯)
Veronika, jeune et jolie Slovène, semble avoir tout ce qu’elle peut souhaiter dans la vie. Pourtant, elle n’est pas heureuse. Le 21 novembre 1997, elle décide de mourir. Sa tentative de suicide la conduit à l’hôpital psychiatrique de Villete où elle côtoie de véritables fous, mais aussi une population apparemment normale qui semble s’être réfugiée derrière les hauts murs de l’asile par peur de l’inconnu, désir de sécurité ou lassitude d’une existence routinière. Là, Veronika comprend que, à chaque minute de notre existence, nous avons le choix entre vivre et renoncer et que, pour se sentir pleinement vivante, elle devra reconnaître la part de folie qu’elle porte en elle.

(¯`·._.••·.·´¯`·.·•☆ Mes impressions ☆•·.·´¯`·.·••._.·´¯)
Au départ, j’ai pris ce livre pour une raison un peu particulière: j’ai pris connaissance du film du même nom, et avant de visionner celui-ci, je voulais absolument lire le livre… car bon nombre de fois, quand je vois le film avant de lire le livre d’où il est tiré, je suis déçue de ma lecture. hors, vu le thème de cette histoire, je ne voulais pas en perdre l’attrait…

Dès le premier paragraphe, cela commence fort: « Le 21 novembre 1997, Veronika décida qu’il était enfin venu le moment de se tuer. Elle nettoya soigneusement la chambre qu’elle louait dans un couvent de religieuses, éteignit le chauffage, se brossa les dents et se coucha »… Le ton est donné…

Une chose qui m’a bien étonnée, ce sont les raisons qui ont poussé la jeune fille à commettre un tel geste… car à bien y penser, ces raisons pourraient en pousser plus d’un à faire le même geste… alors comment une situation peut mener une jeune femme à en arriver là? Comment son entourage peut-il ne pas se rendre compte de l’avancement de l’état dépressif?

Ce livre est aussi une formidable source de questionnement sur ce qu’est la folie… un fou, c’est quoi? les définitions apportées iront de « c’est quelqu’un qui vit dans son propre univers » à « la folie, c’est l’incapacité à communiquer ses idées »… (p 90)… avec la conclusion suivante: nous somme tous fous d’une façons ou d’une autre…

Ce qui m’a choqué, ce sont les pratiques orchestrées dans les asiles psychiatriques, et le fait que la dépression puisse être assimilée à la folie…
En cela, je trouve le livre très dur.

Pour nous offrir un tel livre, Paulo Coelho s’inspire avant tout de son vécu, ayant lui-même été interné à plusieurs reprises… Et c’est ainsi qu’il peut décrire sans problème les institutions psychiatriques et les pratiques qui y sont utilisées… nous emmenant tant sur le chemin de la folie que sur celui de la profonde réflexion sur le sens réel de la vie.

C’est sans doute pour cela que ce livre est si touchant, si poignant, et si criant de vérité. On y retrouve bien la « griffe » de l’auteur qui sait manier la plume de telle manière de faire de chaque oeuvre un cheminement philosophique, un véritable voyage au coeur de sa propre existence.

Que dire de ce livre?
Contrairement à ce que le titre pourrait laisser présager, le livre n’est pas un livre dépressif… c’est plutôt une véritable ode à la vie, un merveilleux message que bon nombre de personnes devraient lire…

D’un point de vue strictement personnel, il m’a enseigné à ne pas baisser les bras, garder espoir, et continuer de me battre quoi qu’il arrive. Parce que la vie est l’un des cadeaux les plus précieux…

S’il y avait une phrase à retenir du livre, pour moi ce serait « Rien dans ce monde n’arrive par hasard ». (p13)
 
(¯`·._.••·.·´¯`·.·•☆ Premières phrases ☆•·.·´¯`·.·••._.·´¯)
« Le 21 novembre 1997, Veronika décida qu’il était enfin venu le moment de se tuer. Elle nettoya soigneusement la chambre qu’elle louait dans un couvent de religieuses, éteignit le chauffage, se brossa les dents et se coucha »
 
note: 17/20

(¯`·._.••·.·´¯`·.·•☆ Le mot de la fin ☆•·.·´¯`·.·••._.·´¯)
Pour le coup, j’ai bien hâte de voir le film, à présent…

[✎] Personnes disparues

(¯`·._.••·.·´¯`·.·•☆ L’histoire ☆•·.·´¯`·.·••._.·´¯)
Comment expliquer la disparition de Justin, six mois, et de sa baby-sitter de quinze ans ? Aucune trace, pas de demande de rançon. A Taylorsville, on ne manque pas de coupables tout désignés, objets de haines diverses : cette Ellen, dépressive depuis la mort de son enfant en bas âge ; ou ce prof de lycée déjà inculpé pour harcèlement sexuel envers une mineure…

(¯`·._.••·.·´¯`·.·•☆ Mes impressions ☆•·.·´¯`·.·••._.·´¯)
J’ai beaucoup aimé ce livre !
Je trouve l’intrigue bien menée, même si je pense que la fin se traîne un peu…
Patricia Macdonald a un style d’écriture qui fait que tout au long du roman, tout semble couler de source, il n’y a pas de brêche, pas de faille dans la continuité… je n’y ai trouvé aucun temps mort, aucun moment où on se dit « il ne se passe rien ».

Le sujet du livre, un enlèvement d’enfant, ça arrive de plus en plus de nos jours, et ce roman permet d’être un peu « des deux côtés du miroir »… on vit l’angoisse des parents tout au long du livre, et à la fin, on vit les motivations des personnes responsables de l’enlèvement…

le tout dans une ambiance inquiétante, haletante, et menée de main de maître du début à la fin…

La seule chose que j’ai un peu regretté, ce sont les sentiments du prêtre vis à vis de Maddy… J’ai trouvé cette vision décalée et hors sujet… l’histoire s’en serait très bien sortie sans ce mélange de sentiments, et le prêtre y aurait tout autant trouvé sa place sans ceux ci…

Un livre que je conseille néanmoins à tous les amateurs du genre. Un bon moment lecture en perspective..

Note personnelle: 16/20

[✎] Un cri dans la nuit

(¯`·._.••·.·´¯`·.·••·.·´¯`·.·•☆ L’histoire ☆•·.·´¯`·.·••·.·´¯`·.·••._.·´¯)

Quatrième de couvertureJeune divorcée, Jenny se débat dans la vie pour élever ses deux petites filles. Lorsqu’elle fait la connaissance du beau, riche et irrésistible Erich Krueger, Jenny a le coup de foudre. Après une cour hâtive, Erich l’épouse et l’emmène avec ses filles chez lui, au Minnesota, dans une maison de rêve. Mais le bonheur de Jenny ne dure pas longtemps. Bientôt survient une succession d’incidents étranges et terrifiants ; le conte de fées tourne à l’épouvante… Un cri dans la nuit, après La Nuit du renard et La Clinique du docteur H., confirme Mary Higgins Clark comme le maître incontesté du suspense. 

(¯`·._.••·.·´¯`·.·••·.·´¯`·.·•☆ Mes impressions ☆•·.·´¯`·.·••·.·´¯`·.·••._.·´¯)

Ce que j’ai aimé dans ce roman, c’est l’atmosphère qui y règne…
Tout au long du récit, on se demande ce qui est vrai, ce qui est imaginaire,… je me suis moi-même retrouvée emplie de doutes quant aux certitudes que j’avais en lisant les dix pages précédentes…
Dans beaucoup de romans de Mary Higgins Clark, le drame, l’intrigue met du temps à se mettre en place, elle éclate quasi à la fin, mais pas ici… Dès les premières pages, on est plongé dans l’intrigue, dans le drame, dans la succession d’évènements tragiques…
 
Ce que j’ai aimé également, c’est la richesse psychologique des personnages… La manière dont ils évoluent, dont ils parviennent à leurs fins… Ils en sont parfois si machiavéliques…
 
Le seul bémol, la seule chose que je trouve dommageable, c’est la trop grande naïveté de Jenny… Elle semble presque irréelle… Car on ne peut manquer de se dire qu’une personne « normale » aurait eu la puce à l’oreille bien plus tôt,ce serait posé des questions plus tôt, et n’en serait pas arrivée là…
 
Mais Chuuut, je ne vais pas tout vous dire non plus 🙂
 
Mais globalement, il s’agit là d’un des meilleurs livres de Mary Higgins Clark qu’il m’ait été donné de lire… Ma « passion » pour cette auteure ne s’en trouve donc pas entachée…
 

Note personnelle: 16/20