[Policier] Juste après de Rosamund Lupton (2012)

Deux enfants menacés, une mère capable de tout pour les sauver… Même de l’impossible.
Par une après-midi de juillet, un inconnu met le feu à une école en pleines festivités. Grace se précipite dans le bâtiment : sa fille Jenny est seule à l’intérieur. Mais toutes deux sont grièvement blessées…
Qui a pu commettre un tel acte ? Pourquoi ? C’est ce que Grace veut comprendre. Et si sa fille était visée ? Et si son petit garçon était lui aussi en danger ?
Portée par la force de son amour maternel, Grace ira au-delà de toute limite pour les protéger…

part livraddict

ce que j'en ense

5 - un ptit coup de coeur pour cette lectureJe dois avouer que ce livre m’a beaucoup surprise… Je ne m’attendais pas du tout à ça quand je l’ai ouvert, et je suis ravie de « m’être trompée ».

Je me suis retrouvée face à un livre très prenant, ou chaque page tournée faisait se poser de nouvelles hypothèses, de nouvelles questions, et faisait faire face à de nouveaux doutes. C’est vraiment ce qui m’a enchantée: le côté psychologique est vraiment très présent, pour mon plus grand bonheur… (vous savez que les livres où le psychologique est hautement présent sont décidément ceux que je préfère par rapport à ceux avec beaucoup d’action).

Les personnages sont très attachants, et j’ai particulièrement aimé l’interaction – si je puis dire – avec la mère et sa fille. C’est la mère, Gracie, qui est le narrateur de l’histoire, et je dois dire que la plume de l’auteur manie cela de main de maître. On ne lit pas l’histoire, on la vie « de l’intérieur », et ce n’est pas un euphémisme.
Sans trop vous spoiler malgré tout, la manière dont Gracie raconte l’histoire est particulière: elle est inconsciente, sur son lit d’hôpital, et son esprit se détache de son corps. Elle assiste donc aux différentes scènes en tant que spectatrice et le livre est un peu comme une grande lettre qu’elle écrirait à son époux. Toute l’histoire lui est adressée, comme un message d’amour et un désir de vérité d’une femme dans le coma qui est bien décidée à sauver sa famille d’une manière ou d’une autre. Cet état lui permet une certaine omniprésence, et voir les différents aspects de l’histoire.
Cet angle d’approche est vraiment surprenant. J’ai beaucoup aimé. On se sent intime avec les personnages, et cela  donne encore plus de poids au psychologique…

On en apprend, tout au long du récit, beaucoup sur les différents personnages, que ce soit de leur vie d’avant ou d’après le drame (bon, pendant aussi, mais ça, c’est normal). Cela permet d’une d’apprendre à les connaître, les apprécier (ou pas) mais aussi d’essayer de deviner les incidences de chacun et leur rôle dans l’incendie.

L’intrigue est bien menée, chaque pièce du puzzle venant se mettre en place chapitre après chapitre.

Honnêtement, au départ, je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus dramatique, beaucoup plus émotionnel, et au lieu de ça c’est le suspense qui a pris le dessus. (même si la fin m’a arraché quelques larmes, il faut le dire)

Bref, un roman que j’ai adoré bien plus que je ne l’aurais imaginé. Merci à Livraddict et à la maison d’édition de m’avoir permis de le découvrir.

d'autes l'ont lu

  

[Thriller] Je ne sais plus qui tu es (Ali Knight)

Je ne sais plus qui tu es
Ali KNIGHT

Editions JC Lattès
2013
427 pages

Avec des enfants adorables et un mari parfait, Kate Forman mène une existence enviable. Mais un soir, tard dans la nuit, elle le retrouve effondré sur le carrelage de la cuisine, ivre, les mains couvertes de sang, marmonnant des paroles confuses et inquiétantes d’où il ressort qu’il aurait tué quelqu’un … Mais qui ? Lorsqu’une belle jeune femme qui travaillait pour lui est retrouvée assassinée, les soupçons de Kate la conduisent à une quête désespérée pour découvrir la vérité qui menace de détruire le petit univers idyllique qu’elle s’est soigneusement construit.

Livre lu en partenariat avec Livraddict

ce que j'en ense

5 sans voix

J’ai vraiment adoré la lecture de ce livre… ou plutôt, on ne le lit pas « simplement », mais intensément…

Si vous aimez les thrillers psychologiques, ceux qui poussent dans les retranchements de l’esprit, qui mènent à se poser plein de questions sur l’histoire, mais aussi en dehors, je vous le conseille vivement…

Si je devais le définir en quelques mots clés? Incertitude, trahison, confiance, tension.

Le style est très accrocheur… Il fait passer les évènements et émotions à merveille, et surtout, il agrippe le lecteur, l’emporte dans le tourbillon de l’histoire, et à vrai dire, je l’ai lu quasi d’une traite, ce qui ne m’était plus arrivé depuis longtemps…

L’intrigue est présente une très grande partie du moment.. le lecteur, comme la protagoniste principale, reste dans le doute, dans les incertitudes, dans les questionnements à tout va…

Point de vue des personnages, ce que j’ai aimé? Leur réalisme, leur côté authentique et terriblement crédible. Ils sont bien construits, et même si certaines choses ne nous sont pas dites, il y a assez de choses à côté pour nous laisser les deviner, nous laisser nous construire notre propre idée sur eux et sur les choses… j’ai adoré car c’est ce qui fait en partie la réussite d’un bon thriller psychologique à mes yeux. Ils ont ce côté humain et imparfait que j’aime beaucoup.

Kate, le personnage principal, est très attachant, et surtout, on arrive sans peine à s’y identifier, je trouve. Quand on s’imagine la scène, on peut sans problème en venir à se poser mille et une questions, les mêmes que celles qu’elle s’est posée, elle aussi…  Cela renforce les liens avec le récit, et c’est ce qui permet de si bien y accrocher. Elle est à la fois d’une humeur changeante, mais passionnée… tout à tour égocentrique, mais aussi incroyablement fidèle à elle-même et à ses convictions.

En conclusion? Un thriller psychologique complexe et mené de main de maître… Il déroute, et se fait poser de questions tout au long de la lecture… Un livre au suspense trépidant, qu’il est difficile de poser une fois commencé.

Et surtout, connaît-on vraiment ceux que l’on aime?? Là est toute la question…

d'autes l'ont lu

 

 

[✎] Rien ne s’oppose à la nuit

Editions JC Lattès

Publié en 2011 ~ Langue : Française ~ 437 pages

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.

Super! J’aime j’aime j’aime…

Une découverte sympa que la rentrée littéraire m’a permis de faire là, car c’est un titre que je n’aurais certainement pas acquis par moi-même…  J’aurais raté quelque chose…

Une chose est certaine, j’étais malgré tout très réticente quand j’ai commencé la lecture de ce livre… A vrai dire, je n’en attendais pas grand-chose…

J’avais peur de tomber dans le mélo-dramatique, dans le sordide où tout est exagérément mis en avant et prend des proportions démesurées…

Surtout que je ne connaissais pas du tout l’auteure, car elle n’entre pas dans l’univers qui est généralement le mien en matière de lecture… (mais ça, c’est une autre histoire).

Puis finalement, une fois commencé, il se lit avec une aisance déconcertante…

Ce roman déborde d’émotions en tous genres… on peut aisément passer du rire au larmes, même si les larmes sont plus souvent présentes…douceur, tendresse, colère, silences pesants, drames familiaux, rien ne manque…  il y est aussi question de beaucoup de révolte, et la plume de l’auteur a ceci d’agréable qu’elle parvient à éveiller cette même révolte en nous, à nous communiquer ces sentiments au point, parfois, de pouvoir mettre le lecteur mal à l’aise, mettant en place une atmosphère où le lecteur a l’impression d’assister bien malgré lui à une scène à laquelle il ne devrait pas assister…

Je trouve que les deux sentiments prédominants dans ce livre restent l’amour démesuré mais aussi une culpabilité sans borne, ce qui rend le récit assez perturbant…

 » Ma mère était bleue, d’un bleu pâle mêlé de cendres, les mains étrangement plus foncées que le visage, lorsque je l’ai trouvée chez elle, ce matin de janvier. Les mains comme tâchées d’encre, au pli des phalanges.
Ma mère était morte depuis plusieurs jours.
J’ignore combien de secondes voire de minutes il me fallut pour le comprendre, malgré l’évidence de la situation (ma mère était allongée sur son lit et ne répondait à aucune sollicitation), un temps très long, maladroit et fébrile, jusqu’au cri qui est sorti de mes poumons, comme après plusieurs minutes d’apnée. Encore aujourd’hui, plus de deux ans après, cela reste pour moi un mystère, par quel mécanisme mon cerveau a-t-il pu tenir si loin de lui la perception du corps de ma mère, et surtout de son odeur, comment a-t-il pu mettre tant de temps à accepter l’information qui gisait devant lui? Ce n’est pas la seule interrogation que sa mort m’a laissée. »

Difficile de juger des personnages lorsqu’il s’agit d’une histoire vécue… ce serait comme juger une personne que l’on croise tous les matins ou que l’on pourrait croiser au coin de la rue, alors que l’on n’a pas à le faire. C’est juste un portrait magnifique et émouvant.

On pourrait croire qu’on entre dans le récit ordinaire d’une famille ordinaire, mais pas du tout, …  les secrets de famille y ont la vie dure… On y retrouve aussi une certaine évolution tant des personnages que de l’opinion que l’on se fait d’eux.

Un livre osé, qui fait prendre de gros risques à l’auteur… Pour sûr, ça va en déranger plus d’un… mais quelle réussite.

Et je dois bien l’avouer, il est très rare que cela m’arrive, mais j’ai beaucoup de mal à parler de ce livre,… même si ma lecture a été agréable, j’ai beaucoup de mal à exprimer le pourquoi du comment, … juste dire que la plume délicate a su m’émouvoir et me toucher…

Ce livre n’est malgré tout certainement pas un coup de cœur, sans doute trop éloigné de mon univers livresque habituel… mais il reste une belle découverte malgré tout.

On ne lit pas ce livre, on le vit.

Merci à l’opération « Match de la rentrée littéraire », de PriceMinister, pour m’avoir permis de découvrir ce livre…

Retrouvez-y « Rien en s’oppose à la nuit« 

[✎] Salem

Carrie, son premier roman, fut un énorme succès… Juste après, le jeune Stephen King publie Salem (Salem’s Lot) et s’attaque ainsi au mythe populaire des vampires. Pour l’époque, c’était assez « novateur » (il n’y avait pas encore toutes les sagas que l’on peut à présent rencontrer sur ce thème…)
Il y avait bien longtemps que j’avais ce livre dans ma bibliothèque sans pour autant l’ouvrir… je ne saurais pas dire pourquoi…
Ces derniers temps, les histoires de vampires m’ont un peu « tapé sur le système » car il y en a un peu trop partout à mon goût, mais finalement, je me suis dit pourquoi pas, et puis, il fallait bien que j’avance un peu dans le challenge « Stephen King » organisé par Bouquinovore modéré.
L’histoire est la suivante: « Comment une petite bourgade du Maine peut elle, du jour au lendemain, devenir une ville fantôme ? Jerusalem’s Lot – Salem – n’avait pourtant pas de caractéristiques particulières sinon, sur la colline, la présence de cette grande demeure – Marsten House – inhabitée depuis la mort tragique de ses propriétaires, vingts ans auparavant. Et lorsque Ben Mears y revient, c’est seulement pour y retrouver ses souvenirs d’enfance. Mais très vite, il devrait se rendre à l’évidence : il se passe des choses très étrange à Salem. Un chien est immolé, un enfant disparaît et l’horreur s’infiltre, s’étend, se répand, aussi inéluctable que la nuit qui descend sur Salem …« 
Il y a une chose de très dommage, dans ce livre, c’est qu’une fois qu’on a déjà lu du Ann Rice, par exemple, Stephen King n’apporte rien de nouveau au mythe des vampires… attention, la réussite de ce roman n’en est en rien entachée, car ce qui apporte une certaine force aux romans de Stephen King, y compris celui-ci, c’est le charisme et le réalisme de ses personnages, une plume inimitable, des décors plantés de manière irrésistiblement attirante et criants de réalisme, eux aussi …
Dans Salem, j’ai aimé le côté « Flash-back » de l’homme à l’enfant, car ces retours en arrière sont chargés de je ne sais quel mystère qui permettent au roman d’avoir un effet un tant soit peu hypnotique sur le lecteur… car il n’y a pas à en douter, une fois qu’il a ouvert le livre, le lecteur veut à tout prix en connaître la suite. Il a le chic pour jouer avec le suspens et les nerfs de son lectorat.
 S’il y a un domaine que Stephen King maîtrise de main de maître, ce sont les descriptions toujours plus réalistes, plus détaillées, … elles permettent d’avoir l’impression d’être sur place, de connaître la ville dont on parle, limite, on en viendrait presque à se dire qu’on y a passé toute son enfance pour la connaître aussi bien 🙂 On y retrouve d’ailleurs tous les personnages caricaturés que l’on pourrait trouver dans n’importe quelle ville (si si, regardez un peu autour de vous): le médecin oh combien sympathique et apprécié, la vieille mégère qui passe son temps à sa fenêtre à tout observer et critiquer, l’alcoolique de service,… ça ne vous dit vraiment rien? C’est pourtant ce qui, pour moi, fait la force des personnages du King… on a l’impression de les avoir déjà croisés…
L’histoire est bien ficelée malgré tout, et je dois bien avouer qu’elle a réussi à me faire flipper… J’ai lu ce roman toute seule, dans l’obscurité avec juste une petite lampe de chevet, la fenêtre de la petite chambre (qui me sert de bibliothèque à mes heures perdues) ouverte… et j’ai attrapé la chair de poule au point de devoir aller fermer la fenêtre pour être certaine qu’aucune créature de la nuit ne rentrerait dans la maison 🙂
Un autre point fort du livre, c’est que le livre est truffé de points forts: le début, le moment où les deux gamins dans la forêt, Danny dans son cercueil, voir de quelle manière le mal se répand peu à peu…
J’ai cependant trouvé la fin un peu décevante, j’aurais aimé quelque chose de moins « évident »…
Du suspens, de bons personnages, un bon déroulement d’histoire avec des rebondissements…
En bref, un bon roman, mais sans plus… il ne figurera certainement pas dans mon top 10 de mes œuvres préférées de Stephen King…
En fait, à bien y réfléchir, je crois que c’est surtout le titre qui m’a fortement induite en erreur… parce que quand on me dit « Salem », je m’attends plus à des histoires de sorcières qu’à des histoires de vampires… donc je m’attendais malgré tout à autre chose… c’est peut être ce qui provoque cette mini-déception…
J’ai malgré tout tenté de regarder le film, pour rentrer, en même temps, dans le challenge « regarde ce que tu lis » de Nodrey
Je dois avouer que le film fut une déception encore plus grande que le livre: car je me suis tellement ennuyée pendant le film que je n’en ai pas regardé la fin! Honteux, n’est-ce pas, surtout pour la grande fan du Maître de l’horreur que je suis habituellement…

C’est peut-être mon état d’esprit du moment, je ne sais pas… ou alors je suis vraiment saoulée des histoires de vampires, et je dois vraiment éviter d’en ouvrir un livre ou d’en mettre un DVD 🙂

[✎] L’enfant perdu

 Cela fait un an qu’Alyssa Merrimon, douze ans, a disparu alors qu’elle rentrait chez elle un soir après la bibliothèque dans une petite ville rurale de la Caroline du Nord. Mais Johnny, son frère jumeau, refuse d’accepter son absence et continue à fouiller la ville, rue par rue, s’introduisant même chez des hommes soupçonnés de comportements déviants au risque de se faire prendre. Le policier en charge de l’affaire, Clyde Hunt, est inquiet pour Johnny et le surveille discrètement ainsi que sa mère, qui ne se remet pas de la disparition d’Alyssa et du départ de son mari.
C’est alors qu’une deuxième adolescente disparaît, ce qui rend Johnny encore plus déterminé à retrouver sa sœur, convaincu que les deux cas sont liés. Mais ce qu’il va découvrir est encore plus terrible que ce qu’il pouvait imaginer, ébranlant toute la petite communauté et mettant sa vie en danger.

J’ai pris ce livre un peu au hasard, je dois bien l’avouer.
Je cherchais un thriller, et les histoires avec des enfants m’intéressent particulièrement, donc le titre m’a attirée sur le rayonnage de la bibliothèque publique… Je me suis dit: « Pourquoi pas? »
Et je ne le regrette vraiment pas…
Une fois le livre ouvert, on a qu’une envie, ne plus le lâcher. Les pages se tournent les unes après les autres, comme si cela coulait de source… L’histoire est intrigante, passionnante, sans aucun temps mort où le lecteur aurait le temps de s’ennuyer… que du bonheur.
Bon, il faut reconnaître qu’on finit par découvrir le dénouement relativement bien avant la fin, mais cela ne dérange pas la lecture plus que ça.
On ne peut que se prendre au jeu du protagoniste principal, on se fait entraîner dans ses recherches, on espère avec lui, et on vit ses défaites avec lui aussi… et ce tout au long de l’histoire.
Le style d’écriture est assez imposant de descriptions, mais ce n’est pas dérangeant à mes yeux, que du contraire, cela permet de mieux s’imprégner de l’atmosphère du livre, de mieux entrer dans l’histoire.
De par le thème abordé, le livre mène tout droit à l’émotion, aux sentiments, et touche là où ça fait mal, là où l’enfance, synonyme d’insouciance, de bonheur, de rires, … se fait bafouer, et détruire. Il est aussi témoignage de courage, de persévérance et d’espoir.
Un excellent moment lecture que je ne regrette nullement…
Certes, il n’est pas un incontournable du genre, certes, il n’innove pas dans le genre, mais il mérite d’être lu malgré tout…

[✎] Dame Langouste

A seize ans, Amélie est brutalement happée par une maladie viable mais incurable : le diabète insulinodépendant.
Celle de son père, cinéaste et écrivain de renom, surnomme affectueusement « Dame Langouste » ne se supporte pas, et déteste ce qu’elle considère comme une maladie honteuse. Pour continuer à vivre, elle se ment, joue avec le feu, oppose sa douce folie à la réalité cuisante et lance un vrai pied de nez à son diabète.
Au-delà du parcours sensible d’une jeune femme qui apprend à grandir, ce récit dessine aussi le combat contre une maladie d’autant plus insidieuse qu’elle est invisible.

J’ai toujours eu une attirance toute particulière pour les livres tirés d’histoires réelles, ceux qui racontent le quotidien peu banal de personnes que l’on pourrait croiser tous les jours…
Celui-ci est particulier de par son thème: le diabète insulinodépendant… Pourquoi ce thème plus qu’un autre? Car une de mes amies en souffre, ainsi que ma mère. Et que dès le départ, je me suis dit que ce livre pourrait me permettre de mieux les comprendre, et comprendre le fonctionnement de cette maladie tellement difficile à vivre au quotidien…
Ce que j’ai apprécié dans ce livre, c’est que dès le départ, l’auteur nous « présente » la famille… Certes cela nous met un tant soit peu en retrait de l’histoire, on ne voit pas trop où on va, mais l’avantage, c’est que l’on connaît alors « tellement bien » la famille qu’on a l’impression d’en faire nous aussi partie, … C’est très agréable à la lecture, car on rentre ainsi dans l’intimité du personnage central, ce qui donne encore plus le sentiment de la connaître, et d’être ainsi d’autant plus touché et réceptif à son histoire…
« Pas de chance, je suis une rebelle, je déteste mon état de malade, je le refuse, je l’enterre. Je suis comme tout le monde » (page 40). Ce refus de la maladie est terrible,… et pourtant, il est si fréquent, et d’autant plus quand cela nous tombe dessus à 16 ans… A cet âge, être différent, c’est tellement inconcevable…
Plus loin dans le livre (page 59), l’adolescente qu’est alors l’auteure a une seule volonté: s’amuser pour oublier, et se détruire… J’ai eu beaucoup de mal à cet endroit du livre, car malgré la maladie, comment peut-on espérer à ce point se détruire? Une maladie telle que le diabète peut-il à ce point désespérer?
J’ai là aussi fait le parallèle avec une amie d’enfance qui a du cholestérol de naissance…j’ai revécu, au travers de ce livre, ses propres restrictions, ses périodes de ras le bol contre la maladie, et les « pourquoi moi »… c’est terrible…
Je retiendrai de ce livre, finalement, une phrase coup de coeur, tellement vraie: « Moi, je veux tout, tout de suite, on peut mourir demain, je veux vivre avec intensité, lui plane, passe à côté de la vie ». (page 69). Trop de personnes se concentrent sur les problèmes, et de ce fait passent à côté de la vie car ils ne prennent pas la peine d’en profiter…

Le seul bémol? Une trop grande place est accordée, en milieu de livre, au père… Certes, il y a sa place, mais comme tous les autres membres de la famille… Or, il est beaucoup trop mis en avant, et cela en devient parfois lourd et hors sujet…

Pour résumer,  je dirais que ce livre m’a énormément plu, il sait toujours là où il faut, il raconte la réalité d’une maladie d’un premier abord invisible, mais qui handicape tellement la vie des personnes qui en souffrent…

Très bon livre que je conseille…

Ce livre a été lu en partenariat avec Livraddict et les éditions JC Lattès que je remercie grandement pour cette collaboration…

« Mamie cuisinait. Elle m’a transmis ce gène. J’adore préparer des plats pour les gens que j’aime. Y penser, créer des recettes inspirées de livres, de magazines, faire les courses et cuisiner. C’est comme un acte d’amour. » page 15
« Les inconvénients, la soif, la fatigue intense que je ressentais alors, l’envie de faire pipi tout le temps, le muguet qui me remplissait la bouche. Silence. Refus, conscient ou non, d’un danger potentiel. Mais je sentais bien qu’il se passait quelque chose, sûrement grave, et que je fonçais droit dans le mur. » page 30