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Les justes de Michael Wallace

Editions MA (Pôle noir)
2013
300 pages | Traduit par Patricia Barbe-Girault

Thriller
Mots clés: Communauté, Mormonts, meurtre, rituels

Par une froide nuit du désert de l’Utah, une jeune femme s’enfuit de chez elle, sa petite fille de trois ans endormie dans ses bras. Elle sera retrouvée morte, la gorge tranchée et la langue arrachée, quelques heures plus tard. La fillette, quant à elle, a été ramenée dans son lit saine et sauve. Les habitants de Blister Creek souhaitent que cette affaire soit résolue au plus vite, et en toute discrétion. Ils sont membres d’une communauté mormone dissidente dans laquelle la polygamie est de rigueur, et ne veulent, à aucun prix, que des informations sur leur mode de vie filtrent dans le « monde extérieur ». C’est un des leurs qui va mener l’enquête : Jacob Christianson, fils d’un patriarche respecté, et accessoirement cousin de la victime. Avec l’aide de sa sœur adolescente, Eliza, Jacob commence à enquêter sur ce meurtre. Il va bientôt mettre au jour un monstrueux secret, qui pourrait détruire les fondements même de leur église.

 

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Ma note

4 sur 5

 

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avis 5Je dois avouer que quand j’ai vu que l’action se situait dans une communauté mormone, je ne me suis pas posée plus de questions que ça, et j’ai sauté sur le livre. Je ne sais pas pourquoi, mais les livres qui se passent dans les communautés de ce genre, qu’elle soit mormone, amish, … cela m’intéresse beaucoup car j’aime en découvrir plus sur leurs habitudes, leurs croyances, leurs « règles »… bref, vous avez compris.

Le style de l’auteur est assez sympa en soi.. ni trop simple, ni trop compliqué, il est juste bien pour ne pas que le livre nous semble trop facile, ni trop pompeux pour que l’on décroche.

Cela commence relativement sur les chapeaux de roues, on est directement plongé dans l’ambiance, et j’ai aimé ça… je n’aime pas les romans aux introductions bardées de descriptions lentes et ennuyeuses, j’aime quand ça y va fort dès le départ.
Par contre, j’ai trouvé que sur le milieu du livre, l’histoire s’essouffle pas mal. C’est dommage, car du coup, ça traîne en longueur, on a l’impression de tourner en rond, ça manque un peu de rebondissements… Heureusement que vers la fin, cela repart de plus belle,… De ce fait, tout est décrit comme si on y était, tout se tient, tout est crédible, et c’est important pour bien accrocher à l’histoire, je trouve.

Le réalisme de ce qui se passe dans ces communautés est respecté, il faut dire que l’auteur connaît vraiment bien son sujet puisqu’il a lui-même fait partie d’une telle communauté.

J’ai beaucoup aimé le personnage d’Eliza, qui pour moi est mon coup de cœur de ce livre. Elle apporte un vent de fraîcheur non négligeable, et c’est très agréable. Elle sait remettre les choses en questions, que ce soient les préceptes de sa foi, ou ses propres choix. J’ai aimé suivre son évolution, son cheminement, tout au long du roman.

 ***

Ce que j’ai aimé aussi dans ce roman, même si c’est secondaire, me direz-vous, c’est la manière dont la condition de la femme est abordée. Je ne vous apprend rien que dans les communautés où la polygamie est de mise, comme ici, on a souvent pu voir que les femmes apparaissent comme des êtres limite incapables de réfléchir par elles-mêmes, totalement soumises, etc… et l’approche faite dans ce livre nous montre bien que contrairement aux apparences, et même parfois contrairement à ce que les membres masculins de la communauté peuvent penser, elles sont bien plus intelligentes et alertes qu’on ne le montre…
Même si au final, au sein de la communauté, leur rôle est restreint à la tenue de la maison et donner une progéniture, mais là, c’est un autre débat. Je pense que la foi est une affaire personnelle, donc loin de moi l’idée de vouloir les juger ou les critiquer.

Quoi qu’il en soit, un très bon thriller, un peu ralenti sur le milieu, mais très intéressant et prenant au demeurant, je vous le conseille.

 

 

[✎] Paraphilia (Saffina Desforges)

paraphilia

Le corps de Rebecca, dix ans, est retrouvé dans une rivière. L’inspecteur David Pitman, chargé de l’enquête, attribue rapidement d’autres victimes à son meurtrier, qui agit toujours selon le même mode opératoire : des fillettes enlevées près de chez elles sont retrouvées mortes dans les jours qui suivent, près ou dans un cours d’eau, agressées sexuellement puis étranglées. Aucun indice exploitable n’est retrouvé, seule une carte de visite est laissée dans le corps de la victime, et porte le nom du meurtrier : Oncle Tom. Alors que la chasse à l’homme commence, la mère de Rebecca décide elle aussi de mener l’enquête afin de comprendre ce qu’est la paraphilia, troubles psychosexuels dont fait partie la pédophilie. Elle va bientôt se retrouver au coeur d’une machination qui dépasse l’entendement…

ce que j'en ense

Il y avait très longtemps que j’avais envie de découvrir ce livre… Je ne sais pas pourquoi, mais dès sa sortie, je me suis focalisée dessus…

Du coup, dès que j’en ai eu l’occasion, je n’ai pas hésiter à le prendre et à le dévorer.

Le style est simple, mais qui encourage le lecteur dans sa lecture. La plume de l’auteur est très addictive, on est directement embarqué dans l’histoire, et après, difficile de refermer le livre.

J’ai tout aimé dans ce livre… La cohérence, la simplicité, et pourtant, une grande complexité dans l’histoire. Il y a là un très grand réalisme qui implique le lecteur, renforce les liens avec l’histoire et les personnages.

L’histoire engage une très grande compassion et empathie pour les familles des victimes.

Le thème des meurtres d’enfants est un sujet sensible qui m’interpelle toujours autant. Et je dois dire que ce livre l’aborde d’une main de maître. En effet, même si certains passages sont durs à lire car la pédophilie est un sujet hautement sensible, jamais l’auteur ne tombe dans l’exagération, dans le glauque. Il reste respectable, respectueux et réaliste malgré tout.

Le fait que ce soit inspiré de faits réels fait qu’on ne peut qu’accrocher à l’histoire, penser aux familles, essayer de se mettre à leur place et prendre position…

L’intrigue m’a complètement embarquée… j’ai aimé le côté « profilage », analyse du suspect, l’enquête… le tout nous plongeait directement dans la « réalité du terrain », et j’ai vraiment aimé cet aspect.

Le gros point positif est l’aspect totalement imprévisible du roman… A aucun moment, je ne me suis douée de qui était le méchant de l’histoire, qui était ce tueur d’enfants, et c’est ce qui fait que ce livre est si prenant.

De plus, l’auteur ne se contente pas de voir le point de vue des familles, cela va bien au-delà… On en apprend plus sur les motivations des pédophiles, même si cela ne permet pas d’excuser ou comprendre leurs actes. Rien n’est laissé au hasard, tout est approfondi, détaillé et étudié avec soin.

Point de vue des personnages, vous l’aurez compris, j’ai surtout ressenti de l’empathie pour les familles et pour les enfants… (Fatalement, je ne pourrais pas en avoir pour le violeur d’enfants, soyons réalistes… )

Ils ont tous leur propre personnalité, leurs propres force et faiblesse, leurs propres démons… ils sont bien travaillés, étudiés, approfondis de manière adéquate, et c’est vraiment fait de manière méticuleuse.

Par contre, ne pensez pas ressortir indemnes de cette lecture.
Elle pousse dans les retranchements de l’âme, fait se poser pas mal de questions, fait réfléchir sur les tréfonds sombres de l’âme humains dans certains cas, dans certaines dérivations…  On sent qu’il a dû y avoir un lourd travail derrière l’écriture de ce livre.

Je pense sincèrement que les personnes hyper sensibles à ce genre d’histoires auront peut-être du mal avec certains passages, mais en dehors de ça, je ne peux que vous conseiller ce livre. Ce récit à quatre mains est pour moi une vraie merveille que je vous recommande.

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