[Avis de lecture] En secondes noces (Shari Lapena)

Le ver est dans la pomme… Sur le papier, Stephanie est comblĂ©e : un mari attentionnĂ©, une jolie maison dans un quartier huppĂ©, d’adorables jumelles ĂągĂ©es de quelques mois. Certes, elle manque de sommeil et son moral s’en ressent. Mais bientĂŽt les bĂ©bĂ©s feront leurs nuits, et tout ira mieux. C’Ă©tait sans compter l’irruption de la blonde et vĂ©nĂ©neuse Erica Voss. Alors que Patrick a toujours prĂ©tendu que sa premiĂšre Ă©pouse Ă©tait morte dans un accident de voiture, Erica prĂ©sente une version des faits bien plus sordide.

Une version qu’elle menace de rapporter Ă  la police si on ne lui verse pas une grosse somme. Chantage ignoble ou rĂ©vĂ©lation bouleversante ? Stephanie ne sait plus qui croire…

***

Avis disponible en podcast sur

Shari Lapena est une autrice que j’aime beaucoup. J’ai notamment lu L’étranger dans la maison, et Le couple d’à cĂŽtĂ©.
Elle est Ă  l’aise avec ce qu’on appelle communĂ©ment les “thrillers domestiques”… Ces histoires oĂč tout semble parfait dans le meilleur des mondes, jusqu’au jour oĂč tout s’écroule. Lire la suite de « [Avis de lecture] En secondes noces (Shari Lapena) »

[Avis de lecture] Le chalet des disparus (Ruth Ware)

Quand les associĂ©s d’une cĂ©lĂšbre application de musique dĂ©cident d’organiser un sĂ©minaire dans un chalet perdu en pleine montagne pour Ă©voquer l’avenir de leur entreprise, ils n’imaginent pas qu’ils vont se retrouver coupĂ©s du monde par une avalanche. Et que, bientĂŽt, un premier membre de l’Ă©quipe va manquer Ă  l’appel.

Un huis-clos angoissant dans lequel chacun Ă  quelque chose Ă  perdre, Ă  gagner, Ă  cacher…

VoilĂ  une lecture qui m’a directement fait de l’oeil, que ce soit par sa couverture, son titre, ou son rĂ©sumé  , et donc quand je l’ai vu disponible en service presse sur Netgalley, je n’ai pas hĂ©sité 
Et pourtant, en fin de lecture
 j’ai un avis relativement mitigĂ© mĂȘme si positif… c’est bizarre, hein?

Un dĂ©cor gĂ©nial, imaginez ! Un chalet perdu en pleine montagne
 j’adore. L’idĂ©e d’un huis-clos dans un tel environnement, 
 ça laisse la place Ă  l’imagination
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La MalĂ©diction de Sarah Winchester – La contre enquĂȘte, de  CĂ©line du ChĂ©nĂ©

1886, San Jose, Californie. Une riche veuve solitaire et recluse. Une demeure labyrinthique, en Ă©ternelle expansion. Des portes qui ouvrent sur des murs et des escaliers qui butent sur des plafonds. L’ombre des massacres perpĂ©trĂ©s par les carabines Winchester. Et une rumeur qui enfle… la maison serait hantĂ©e et sa propriĂ©taire, maudite ! Dans cette enquĂȘte oĂč se croisent esprits vengeurs, bĂątisseurs de l’Ă©trange, gĂ©nocide amĂ©rindien et presse de caniveau, CĂ©line du ChĂ©nĂ© dĂ©mĂȘle le vrai du faux. Elle nous entraĂźne dans les pas de Sarah Winchester, une femme fascinante, et rĂ©vĂšle une vĂ©ritĂ© qui dĂ©passe la fiction.

On ne va pas se mentir, l’histoire de cette maison, que ce soit son apparence, sa rĂ©elle histoire, ou tous les mythes qui ont Ă©tĂ© construits autour d’elle, me fascine. 
Pour ceux qui ont vu le film, cela me fait beaucoup penser Ă  l’histoire d’Ellen Rimbauer, que l’on peut retrouver dans le livre (et le film) Le journal d’Ellen Rimbauer  et de Rose Red, le film rĂ©alisĂ© par Stephen King. Lire la suite de « La MalĂ©diction de Sarah Winchester – La contre enquĂȘte, de  CĂ©line du ChĂ©nĂ© »

Bienvenue au Suicide HĂŽtel !: L’histoire vraie et terrifiante de l’hĂŽtel Cecil, de Louise Massard

En fĂ©vrier 2013, une jeune touriste canadienne, Élisa Lam, descend pour la semaine Ă  l’hĂŽtel Cecil de Los Angeles, en Californie, une Ă©tape dans un road-trip amĂ©ricain comme en rĂȘvent tous les jeunes gens. Elle n’en sortira pas vivante. Ce fait divers sordide, mystĂ©rieux, jamais Ă©lucidĂ© et ayant enflammĂ© internet des annĂ©es durant, n’est en rĂ©alitĂ© que le dernier d’une longue sĂ©rie qui commença dĂšs la construction de l’Ă©difice dans les annĂ©es 1920. C’est ce parcours que l’auteur vous propose d’emprunter, fruit d’une longue et minutieuse enquĂȘte sur les suicides, disparitions et mĂ©faits de personnages inquiĂ©tants rĂŽdant pour toujours dans les couloirs de ce lieu considĂ©rĂ© comme l’un des plus hantĂ©s du monde. Les tueurs en sĂ©rie croisent des victimes de la misĂšre du quartier de Skid Row, le Dahlia Noir cher au cƓur de Brian de Palma celui d’inconnus qui tous ont subi la macabre influence de cet endroit maudit. L’auteur cherche, dans un rĂ©cit respectant scrupuleusement les faits et les informations disponibles sur le sujet, Ă  retracer pour vous l’historique de l’hĂŽtel, mais Ă©galement Ă  prĂ©senter de maniĂšre trĂšs dĂ©taillĂ©e les hypothĂšses autour des explications possibles Ă  l’inexplicable, en particulier dans la cĂ©lĂšbre Affaire Elisa Lam. Enfin, c’est un vaste tour d’horizon culturel auquel vous invite l’auteur, en prĂ©sentant films, sĂ©ries, chansons et Ɠuvres d’art directement ou indirectement inspirĂ©s par un hĂŽtel qui ne cessa jamais de faire parler de lui… pour le meilleur ou pour le pire.

 

Ce n’est plus un secret, je suis trĂšs intĂ©ressĂ©e par les lieux ayant une histoire assez peu ordinaire, et d’autant plus si on vient rajouter une pointe de paranormal dans l’histoire


Le Cecil Hotel fait partie de ces bĂątiments Ă  l’histoire chargĂ©e, et pas vraiment dans le bon sens du terme
 

“Si l’hĂŽtel Overlook du cĂ©lĂ©brissime roman de Stephen King, « The Shining », magistralement mis en scĂšne par Stanley Kubrick dans son film de 1980, a fait frĂ©mir bien des gens, il existe un lieu tout aussi sombre, inquiĂ©tant, et bien rĂ©el : le Cecil HĂŽtel.”

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[Avis de lecture] Marie Alsina – PoupĂ©es hantĂ©es et autres objets malĂ©fiques

Les objets les plus communs : jouets, vĂȘtements, bijoux, meubles, tableaux, instruments de musiques, sans oublier les miroirs, se retrouvent parfois hantĂ©s. Une force non dĂ©finie, souvent assimilĂ©e Ă  l’Ă©nergie de leur ancien propriĂ©taire ou Ă  un esprit malin, les utilise alors Ă  des fins nuisibles
 Ils peuvent rester « silencieux » et inactifs pendant des semaines, des mois ou des annĂ©es. Et un jour, pour des raisons difficiles Ă  comprendre, une Ă©nergie mystĂ©rieuse vient les rĂ©veiller. Des phĂ©nomĂšnes Ă©tranges commencent alors Ă  se produire. À travers une sĂ©lection d’histoires terrifiantes mais vĂ©ridiques, vous allez dĂ©couvrir comment d’innocentes poupĂ©es, de vieux ours en peluche, de banals lits d’occasion ou des chaussures usĂ©es ont transformĂ© la vie de leurs propriĂ©taires en cauchemar, les obligeant – aprĂšs mille tourments – Ă  se sĂ©parer de l’objet auquel ils Ă©taient pourtant attachĂ©s. Cependant, prenez garde ! Si vous entrouvrez la porte du monde fascinant des objets hantĂ©s, plus jamais vous ne regarderez vos poupĂ©es et vos objets familiers de la mĂȘme maniĂšre


Haaaa le paranormal, ça reste malgrĂ© tout, je vous l’avoue, quelque chose que j’apprĂ©cie beaucoup, tant en visionnage de vidĂ©os (films, vidĂ©os youtube, 
) qu’en lecture. Je ne saurais vous dire pourquoi cet attrait, il est lĂ , tout simplement, mĂȘme si pour certains, c’est quelque chose de bizarre.

J’ai commencĂ© cette lecture “pleine d’espoir”, pour passer un bon moment lecture, le thĂšme des poupĂ©es hantĂ©es, ça me parle depuis longtemps (je crois que ça a commencĂ© avec le film Chucky, et renforcĂ© avec la saga Annabelle, on  ne va pas se mentir. Pourtant, il y a Ă©normĂ©ment de films ou livres qui parlent de ce sujet, mais ce sont pour moi les deux plus “marquants” (mĂȘme si Chucky, c’est une forme de possession assez diffĂ©rente de ce qui est abordĂ© ici, mais soit
)

J’ai Ă©tĂ© au final assez mitigĂ©e par cette lecture
 j’ai du mal Ă  mettre exactement les mots sur ma dĂ©ception, mais je n’ai pas “eu ce que j’attendais”…

DĂ©jĂ , je trouve le ton du dĂ©but assez froid, et assez sceptique
 j’ai eu cette impression que dĂšs le dĂ©part, la personne qui nous relatait les faits et donc, a Ă©crit le livre, ne croyait pas du tout au paranormal et que son seul but Ă©tait de dĂ©bunker chaque histoire
 C’est vraiment le ressenti que j’ai eu, et ça m’a dĂ©rangĂ©e. Je ne m’attendais pas du tout Ă  ça.

Point de vue du contenu en gĂ©nĂ©ral, et donc, des diffĂ©rentes histoires abordĂ©es, je les ai trouvĂ©es assez diverses et variĂ©es, et donc ça c’était assez intĂ©ressant.
Si je ne suis pas fan de l’Histoire au sens large, l’histoire personnelle des objets m’intĂ©resse Ă©normĂ©ment. ConnaĂźtre le passĂ© d’un objet, je trouve ça fascinant, et ça lui confĂšre une valeur particuliĂšre qui n’a rien Ă  voir avec son prix


Bien Ă©videmment, le chapitre qui m’intĂ©ressait le plus Ă©tait celui sur la poupĂ©e Ann Raggedy, devenue cĂ©lĂšbre par les films Annabelle, que j’adore


La mĂ©dium voulait tenter de rentrer en contact avec l’esprit de la poupĂ©e et visiblement elle y parvint car quelque chose lui rĂ©pondit, qui prĂ©tendait s’appeler Annabelle Higging, une petite fille de sept ans dont le corps avait Ă©tĂ© dĂ©couvert sur la propriĂ©tĂ©. Annabelle leur expliqua qu’elle jouait dans les champs bien avant que l’immeuble ne soit construit et qu’elle Ă©tait heureuse. Puis ses amis avaient grandi, ils avaient fait leur vie, et elle s’était retrouvĂ©e seule. Elle Ă©tait restĂ©e ainsi pendant quelque temps, puis elle avait trouvĂ© Angie et Donna, et pensant qu’elles pourraient la comprendre, elle avait commencĂ© Ă  faire bouger la poupĂ©e de chiffon pour attirer leur attention. Annabelle, qui disait avoir besoin d’affection, leur demanda si elle pouvait se glisser dans la poupĂ©e pour rester auprĂšs d’elles, et Ă©mues aux larmes, les deux filles lui accordĂšrent la permission sans hĂ©siter. En l’invitant dans leur appartement, elles venaient de commettre la plus terrible des erreurs, mais elles l’ignoraient encore.

J’ai aimĂ© apprendre quelques petits dĂ©tails sur cette histoire (que je n’ai pas vĂ©rifiĂ©, je  vous l’avoue, j’ai actuellement lu ce livre en ne vĂ©rifiant rien, mĂȘme si je me suis fais une liste de sujet Ă  approfondir 🙂 )
On y retrouve aussi les histoires d’autres poupĂ©es, un peu moins connues du commun des mortels mais qui n’en sont pas moins intrigantes pour autant.

Idem avec le chapitre consacré aux tableaux et peintures hantés.
Je n’en connaissais pas la moitiĂ©, je l’avoue, et j’ai adorĂ© les dĂ©couvrir. Certaines malĂ©dictions liĂ©es sont tellement irrĂ©elles et pourtant si flippantes ! Je peux vous dire que je ne laisserais pas ces peintures entrer chez moi 🙂

Ce que j’ai apprĂ©ciĂ©, c’est que quand un film est inspirĂ© d’un fait rĂ©el prĂ©sentĂ© dans le livre, il est citĂ©, et quand comme moi on est cinĂ©phile, c’est apprĂ©ciable.

La mĂ©saventure des deux colocataires inspira le film The Mirror Ă  Edward Boase. Il raconte les mĂ©saventures de trois amis qui achĂštent un miroir hantĂ© sur eBay dans l’espoir de remporter un million de dollars, une rĂ©compense promise Ă  ceux qui prĂ©senteront une vidĂ©o prouvant l’existence de phĂ©nomĂšnes paranormaux.

L’autrice nous prĂ©sente donc des poupĂ©es, des tableaux, mais aussi des choses moins communes, dont on parle moins, comme une chaise, un coffre maudit, 


Les esprits des dĂ©funts s’attacheraient parfois aux vĂȘtements, aux chaussures, aux bijoux ou, d’une maniĂšre plus gĂ©nĂ©rale, Ă  toute chose qu’ils ont aimĂ©e de leur vivant et qu’ils auraient voulu emporter avec eux dans la tombe.

Dans l’ensemble, le livre est intĂ©ressant, j’ai vraiment adorĂ© dĂ©couvrir les histoires de ces objets, mais je pense que je n’aurais pas dĂ» le lire “en une fois”… car vu comme c’est Ă©crit, je dois vous avouer qu’à force c’était long et lourd Ă  lire malgrĂ© tout, trĂšs condensĂ©.

Par contre, il faut reconnaĂźtre que j’ai beaucoup apprĂ©ciĂ© la 8Ăšme partie. Elle est dĂ©diĂ©e aux tĂ©moignages, et vu qu’ils ne sont pas Ă©crits directement par l’autrice elle-mĂȘme, ils apportent une nouvelle fraĂźcheur et lĂ©gĂšretĂ© par rapport au reste.

« Je possĂšde une vieille planche Ouija des annĂ©es 1930. Je la tiens de ma grand-tante AglaĂ©, qui vivait dans une ferme, avec ses parents, son frĂšre et sa sƓur. Son histoire n’est pas banale. Un jour, un feu s’est dĂ©clarĂ© dans la grange oĂč ma grand-tante avait laissĂ© son Ouija. De nombreux animaux ont pĂ©ri brĂ»lĂ©s vifs, et la grange a Ă©tĂ© si sĂ©vĂšrement endommagĂ©e qu’ils ont Ă©tĂ© obligĂ©s de la raser pour en reconstruire une nouvelle. Toutes les affaires stockĂ©es dans le bĂątiment ont Ă©tĂ© dĂ©truites dans l’incendie, Ă  l’exception de la planche Ouija, qui a Ă©tĂ© retrouvĂ©e, mystĂ©rieusement intacte. Pourtant, rien ne restait, ou presque, de la balustrade oĂč elle Ă©tait posĂ©e.

En bref, un livre intĂ©ressant sur le fond, oĂč la forme est parfois lourde de par l’écriture de l’autrice.
Si le sujet vous intéresse, je ne peux que vous conseiller de lire ce livre en parallÚle à un autre livre, et le découvrir petit à petit et pas en une fois. 

Ne renonce pas, de Anne-Sophie Hennicker

À 16 ans, Thomas est un lycĂ©en douĂ©, sportif et sĂ©duisant, qui a toutes les cartes en main pour rĂ©ussir. L’image qu’il renvoie se rapproche pourtant de celle d’un tyran. Tous les Ă©lĂšves le craignent, lui et ses deux meilleurs amis. Tous, y compris Elena, une jeune fille solitaire et effacĂ©e, que Thomas maltraite depuis des annĂ©es. Devenu son persĂ©cuteur, il a fini par transformer sa vie en un vĂ©ritable enfer.
La donne change le jour oĂč la limite est franchie. Un Ă©lĂ©ment inattendu va provoquer la remise en question de l’adolescent : un mystĂ©rieux carnet aux lignes troublantes apparaĂźt dans son quotidien. Et si de simples inscriptions avaient le pouvoir de tout faire basculer ?

Si vous me suivez depuis longtemps, vous savez que le harcĂšlement scolaire fait partie des thĂ©matiques qui m’interpellent beaucoup et que j’ai Ă  cƓur de lire pas de livres qui en parlent.
Et ce livre est tombĂ© au bon moment pour moi, d’autant plus que j’en ai commencĂ© la lecture au moment oĂč nous apprenions le dĂ©cĂšs de Jonathan Destin, un jeune homme ayant un passif de harcelĂ© qui, aprĂšs s’ĂȘtre immolĂ© et s’en ĂȘtre sorti tant bien que mal, se battait depuis contre le harcĂšlement scolaire en racontant son histoire notamment.
Je vais ĂȘtre honnĂȘte, je ne pensais pas que je l’aimerais autant vu la sensibilitĂ© du sujet et la crainte que j’avais que le cĂŽtĂ© fantastique ne le « ridiculise », mais ce n’est absolument pas le cas.
Au final, j’ai tellement apprĂ©ciĂ© ma lecture, c’est un Ă©norme coup de cƓur.
Des personnages au caractÚre fort, dont la psychologie est bien exploitée pour mettre en lumiÚre le harcÚlement scolaire et tout ce qui en découle.
Un personnage hyper attachant, Elena, qui fait partie de ces personnages qu’on a juste envie de prendre sous son aile et de rĂ©conforter.
Une histoire pleine d’Ă©motions, qui m’a tirĂ© les larmes plus d’une fois – on ne se ferait pas.
Si vous ne l’avez pas encore lu, n’hĂ©sitez pas !!
(merci à @anajazart de m’avoir permis de dĂ©couvrir ce livre
 car pour ĂȘtre transparente, je ne suis pas sĂ»re que je me serais tournĂ©e vers lui spontanĂ©ment, et je serais passĂ©e Ă  cĂŽtĂ© d’une lecture exceptionnelle).

 

Survivre jusqu’Ă  demain, de Brigitte Jobin

Par un soir de novembre, j’ai fait une rencontre que je regrette encore Ă  ce jour. Tant de fois, j’ai souhaitĂ© ne jamais ĂȘtre allĂ©e Ă  cette soirĂ©e. Ne jamais avoir croisĂ© la route de cet homme qui a dĂ©truit ce que j’avais de plus beau en moi.
Petit Ă  petit et contre ma volontĂ©, il s’est emparĂ© de ma parole, de mes dĂ©cisions, de mes dĂ©sirs, de mes rĂȘves et de mes droits. Il a fait de moi une statistique de plus dans l’horrifiant compte des femmes violentĂ©es.
Pendant des mois, ma vie a dĂ©pendu des humeurs de mon bourreau. J’ai subi des violences physiques, psychologiques, Ă©conomiques et sexuelles aux mains d’un rĂ©cidiviste qui a passĂ© entre les mailles du systĂšme.
Pendant des mois, tout ce que je souhaitais, c’était survivre jusqu’au lendemain. Jusqu’au moment oĂč je rassemblerais assez de courage pour le dĂ©noncer.
Et me sortir enfin de ce calvaire.
Brigitte Jobin a connu un vĂ©ritable parcours de la combattante. AprĂšs avoir survĂ©cu Ă  d’innommables horreurs, elle a entrepris un long chemin vers la guĂ©rison. Elle nous livre aujourd’hui son histoire, tout en force et en rĂ©silience, afin de faire tomber les prĂ©jugĂ©s. Parce qu’à cette triste Ă©poque oĂč le nombre de fĂ©minicides ne cesse d’augmenter, il est crucial de parler de cette violence.

 

 

 

La violence conjugale est un thĂšme qui m’interpelle Ă©normĂ©ment, qui me touche plus que de raison, et mĂȘme si ça fait mal, j’ai toujours Ă  coeur de lire des tĂ©moignages sur le sujet.
Comprendre la violence conjugale est quelque chose que beaucoup ont du mal Ă  faire. On entend souvent des rĂ©flexions comme “c’est sa faute, elle n’avait qu’à partir de là”
 eh bien non, ce n’est pas aussi facile. Et parfois, les rĂ©flexions font mal.
Je ne vais pas ici vous raconter l’histoire de Brigitte. ça, elle le fait bien mieux que je ne pourrais le faire dans son livre.
Dire que l’on a un “coup de coeur” pour un ouvrage qui raconte une histoire aussi douloureuse, je ne sais pas, je trouve ça bizarre. Je dirais donc que ce livre est un “must read”.
Avec ses mots choisis avec soin, Brigitte nous raconte tout
 et nous le fait ressentir
 car oui, ce livre m’a Ă©normĂ©ment fait souffrir
 ce livre m’a Ă©normĂ©ment fait pleurer
 il fait ressortir des Ă©motions qu’on pensait enfouies

MalgrĂ© tout ce qu’elle a traversĂ©, Brigitte a pu s’en sortir, et elle est aujourd’hui plus debout que jamais
 Et ça, c’est un message d’espoir
 pour toutes les femmes (et hommes) qui, comme Brigitte, se retrouvent sous l’emprise d’un conjoint violent, que ce soit psychologiquement ou physiquement


Creepypasta : Une anthologie

Enfin une anthologie des meilleures creepypasta entiĂšrement traduite en français. Creepypasta : jeu de mots sur copy-pasta (copiĂ©-collĂ©) et creepy (effrayant, menaçant). Court texte qui se diffuse par copies successives et a pour but de faire naĂźtre un sentiment de malaise. La creepypasta est la version moderne de l’histoire d’horreur au coin du feu. Aujourd’hui l’un des principaux lieux d’Ă©change est /x/, la part de 4chan consacrĂ©e Ă  l’Ă©trange et au surnaturel ; les contributions y sont (souvent) anonymes et les Ă©crits y peuvent (censĂ©ment) s’envoler, les nouveaux remplaçant les anciens sans (trop) laisser de trace. On s’y retrouve alors pour rĂ©Ă©changer des creepypasta entre soi, lorsque le moment s’y prĂȘte, sous forme de texte ou de simples captures d’Ă©cran. Les conversations ne sont pas en temps rĂ©el mais la prĂ©sence d’autrui est toujours perceptible, par opposition Ă  une archive oĂč on irait seul lire les mĂȘmes histoires. C’est ainsi que s’Ă©changent les contes : tout commence avec un groupe qui se rassemble, dans un lieu et un temps donnĂ©s, un peu en dehors de tout. En mĂȘme temps, le rĂ©seau impose ses nouveautĂ©s. L’Ă©criture est jeune, souvent plus efficace que recherchĂ©e. On y dĂ©couvre ce que craint l’Internet : zombies, Ă©quipement Ă©lectronique qui se retourne contre son utilisateur, peur de ce qu’il peut se passer dans les « trĂ©fonds » du Web, nouvelles menaces en plus des anciennes. Les mĂ©dias se croisent et se nourrissent les uns des autres ; quand il n’est pas lui-mĂȘme le sujet, le jeu vidĂ©o peut influencer l’Ă©criture (structure en « niveaux » ou effets caractĂ©ristiques). L’anarchie dans les Ă©changes permet aussi l’Ă©mergence d’une violence souvent brutale, parfois limite. D’autant plus que l’anonymat ne permet aucune certitude. Que le texte soit une fiction, la simulation d’une pensĂ©e malade, ou une sincĂšre retranscription… c’est du pareil au mĂȘme. Cette anthologie a pour but de donner un instantanĂ© du paysage sans cesse changeant des creepypasta, trop peu connue en français malgrĂ© l’intĂ©rĂȘt de l’Ă©mergence du partage et du collaboratif dans les formes littĂ©raires. On y a rassemblĂ© pĂȘle-mĂȘle, ou presque, les nouvelles qui nous paraissaient exceptionnelles et les plus reprĂ©sentatives ; on trouvera en fin d’ouvrage les liens vers les textes originaux. Le lecteur gagnera Ă  s’installer dans la pĂ©nombre. Il n’aura aucune raison de ne pas se retourner ou de s’empĂȘcher de jeter un coup d’Ɠil par-dessus son Ă©paule. C’est tout Ă  fait sans danger. Il n’y a jamais rien derriĂšre soi de toute façon.

Ahhh ce livre
 ça faisait un  bon bout de temps que je voulais le dĂ©couvrir ce livre, car j’adore les lĂ©gendes urbaines, j’adore les petites histoires d’horreur, 
 donc je me suis dit que cette lecture devrait me plaire

Et lĂ , c’est le drame
 car ça a Ă©tĂ© une grande dĂ©ception pour moi


Je trouve que le style d’écriture est “jeune”. en gĂ©nĂ©ral, plus souvent efficace que recherchĂ©e. Alors l’avantage, c’est que ça se lit trĂšs facilement, et trĂšs vite.
Comme ce sont des “rumeurs” trouvĂ©es la plupart sur des forums, les rĂ©seaux sociaux, 
 on ne connaĂźt pas leur origine. C’est ce qui fait aussi la plupart du temps la part belle du mystĂšre
 car au final, tu en as toujours qui se “l’approprient” en disant “c’est arrivĂ© Ă  une de mes amies”… ou “à l’ami d’un ami”… (ça vous dit quelque chose? 🙂 )

TrĂšs clairement, dans certaines histoires, les choses sont de maniĂšre Ă©vidente invraisemblables voire complĂštement impossibles. On peut des lors se poser la question de ce qui fait l’attrait pour ces histoires lĂ , et en particulier, pourquoi elles continuent de tourner, de faire parler d’elles


Un peu comme les fake news, finalement, ou les fausses lancĂ©es d’alertes. Un peu en mode “si tu ne copies pas ça sur ton mur, facebook va avoir accĂšs Ă  toutes tes donnĂ©es ou il va t’arriver malheur”… clairement, tout le monde sait que c’est 100%, mais une bonne part le partage quand mĂȘme car “on ne sait jamais”, qu’il y ait un soupçon de vĂ©ritĂ©, .. et c’est comme ça que ça tourne encore des annĂ©es plus tard.  Lire la suite de « Creepypasta : Une anthologie »

[Avis de lecture] Gardez l’oeil ouvert, Tome 2, de Victoria Charlton

Un corps retrouvĂ© dans un arbre…
Un avion disparu sans laisser de trace

Une fillette qui rĂ©apparaĂźt dans son lit plusieurs semaines aprĂšs s’ĂȘtre volatilisĂ©e
 
Dans ce deuxiĂšme ouvrage, la youtubeuse Victoria Charlton reconstitue pour vous 15 affaires criminelles jamais Ă©lucidĂ©es. De la France au QuĂ©bec, du Mexique Ă  l’Australie, ses talents de conteuse vous entraĂźneront au cƓur de mystĂšres toujours Ă©mouvants.
Disparitions inexplicables, meurtres en sĂ©rie, enlĂšvements ou secrets d’État: les histoires qu’elle rapporte demandent toutes que justice soit faite. Avec elle, analysez les indices et confrontez les thĂ©ories: qui sait, peut-ĂȘtre contribuerez-vous Ă  faire la lumiĂšre sur ces tĂ©nĂ©breuses affaires?

Si je devais vous rĂ©sumer mon avis en quelques lignes … Ce livre, comme le premier tome, est excellent
 Les sujets sont travaillĂ©s, Ă©tudiĂ©s, pour ĂȘtre abordĂ©s tant de maniĂšre objective (les faits tels qu’ils se sont dĂ©roulĂ©s) que subjective (ses ressentis, son avis, ses observations). Plus que simplement nous livrer ces histoires, ce livre les fait « revivre »  pour ne pas qu’on oublie
 pour la mĂ©moire des personnes
 MĂȘme si j’ai prĂ©fĂ©rĂ© le premier tome car il parlait de disparitions non rĂ©solues uniquement, celui-ci – qui nous livre Ă©galement des crimes rĂ©solus ou pas – est tout aussi intĂ©ressant et enrichissant. Je ne peux que vous le conseiller
 C’est un coup de cƓur pour moi !

***

« Je suis trĂšs heureuse d’embarquer dans cette nouvelle aventure avec vous! Vous remarquerez que ce livre est lĂ©gĂšrement diffĂ©rent du premier. Dans celui-ci, j’ai dĂ©cidĂ© de ne pas me limiter aux cas de disparitions, mais aussi d’aborder des histoires de meurtres qui m’ont profondĂ©ment marquĂ©e. J’ai toujours cru que le pire aspect des disparitions, c’est de ne pas savoir. Ne pas savoir oĂč se trouve la personne, si elle est partie par choix ou si quelqu’un l’a forcĂ©e, si elle souffre, si elle est encore en vie
 Mais je me suis vite rendu compte que, dans les affaires de meurtres irrĂ©solus, mĂȘme si la personne disparue est retrouvĂ©e, la douleur ne se dissipe pas. Les proches ne peuvent pas faire leur deuil tant que la ou le responsable n’est pas traduit en justice. Je trouve donc qu’il est important de partager aussi ces histoires tragiques, pour ne pas qu’elles soient oubliĂ©es. »

VoilĂ  une entrĂ©e en matiĂšre que j’ai aimĂ©e

Car je pense un peu pareil. Comment peut-on faire le deuil d’une disparition quand on ne sait pas ce qu’il est advenu de la personne que l’on aime ? Et comment peut-on en faire le deuil quand on sait l’issue fatale que la personne a eue, mais sans en savoir l’origine, le pourquoi, les motivations ?
Mais la question que je me pose souvent, au vu de l’actualitĂ©, c’est ce que la « justice » est rĂ©ellement assez forte pour permettre aux familles d’avancer et de faire leur deuil ? Les peines infligĂ©es me semblent souvent si dĂ©risoires par rapport Ă  la vie volĂ©e
 comment peut-on parler de rĂ©paration face Ă  la peine et le manque irrĂ©parable engendrĂ©s ?

Vous vous en doutez, j’ai beaucoup aimĂ© ce livre, tout comme j’avais adorĂ© le premier tome, basĂ© exclusivement sur des disparitions irrĂ©solues.
Ce que j’aime avec la maniĂšre dont Victoria nous livre ces histoires, c’est qu’elle nous raconte, certes, principalement l’histoire de la personne concernĂ©e par son chapitre, mais pas que
 – Elle Ă©voque Ă©galement d’autres cas similaires, et ça permet de mettre en lumiĂšre d’autres histoires et si le lecteur veut en savoir plus, libre Ă  lui de s’informer de son cĂŽtĂ©, par des recherches internet ou sur la chaĂźne de Victoria, qui mine de rien, a dĂ©jĂ  abordĂ© tellement d’histoires diffĂ©rentes.

Une autre chose que j’aime particuliĂšrement avec Victoria, c’est sa rĂ©elle implication dans le domaine des disparitions.
Pour ceux qui ne le savent pas, elle bosse comme bénévole pour un organisme qui traite, si je puis dire, ces cas.
Mais ne plus de ça, dans le cadre de son livre (et certaines de ses vidĂ©os), elle entre Ă©galement en contact avec la famille de la personne disparue, elle leur accorde de l’attention, une Ă©coute, leur explique la dĂ©marche et met en avant ce qui leur semble important.

« Par message privĂ©, je lui ai montrĂ© mon soutien en lui mentionnant Ă  quel point la disparition de son fils m’a touchĂ©e. Il m’a suivie en retour sur Twitter et m’a confiĂ© qu’il est Ă  la recherche de son fils depuis 2013. Vous verrez par vous-mĂȘme que cet homme est extrĂȘmement courageux. J’ai parlĂ© Ă  Henrik de mon projet de livre et de mon envie de partager son histoire avec mes lecteurs. TrĂšs reconnaissant de mon offre, il a tout de suite acceptĂ© de m’aider en me fournissant toutes les informations dont j’allais avoir besoin. Les passages en italiques de ce chapitre sont tous extraits de nos courriels. »

Je trouve ça tellement bien, pour ces familles, et suffisamment pour ĂȘtre soulignĂ©. Cela prouve, Ă  mes yeux, qu’elle n’essaie pas juste de faire un Ă©niĂšme livre qui parle de cas comme peuvent l’avoir fait d’autres personnes – influencĂ©es, pour la plupart, par les Ă©crits de Pierre Bellemare et Jacques Pradel, notamment-.
Elle veut rĂ©ellement faire bouger et avancer les choses, elle veut offrir une visibilitĂ© Ă  ces histoires, certes, mais une visibilitĂ© utile pour les familles
 Elle a un profond respect et une grande empathie pour ces victimes. Car oui ces familles sont des victimes autant que leur proche qu’ils ne voient plus.

Et ça, c’est tellement ce qui fait la diffĂ©rence.

Je ne vais pas vous dĂ©tailler mon avis sur chaque histoire abordĂ©e, ça n’aurait aucun sens, 
 je vous laisserai les dĂ©couvrir dans le livre, en espĂ©rant qu’il vous tente et vous plaira autant qu’à moi.
Dans celle qui me touche particuliĂšrement, il y a celle de ThĂ©o Hayez, qui est une histoire qui m’interpelle et m’intrigue Ă©normĂ©ment. Pour ceux qui ne savent pas de quoi je parle, il s’agit d’un jeune belge parti en Australie et qui y a disparu mystĂ©rieusement peu avant de devoir rentrer en Belgique.

« Le lundi 3 juin 2019, Vinciane Delforge consulte son tĂ©lĂ©phone. Son fils ThĂ©o n’a toujours pas rĂ©pondu Ă  la photo qu’elle lui a envoyĂ©e. Depuis le dĂ©but du voyage de ThĂ©o en Australie, sa mĂšre et lui se parlent presque chaque jour, et lorsqu’ils n’arrivent pas Ă  communiquer, Vinciane peut quand mĂȘme rester informĂ©e de ce que son fils fait grĂące Ă  ce qu’il publie sur les mĂ©dias sociaux, surtout sur son compte Instagram crĂ©Ă© exprĂšs pour son voyage. »

Si vous voulez en découvrir un peu plus, je vous propose donc  sa vidéo sur le sujet.
Voici également deux sites consacrés aux recherches en vue de retrouver Théo www.looking4theo.com ou www.facebook.com/Looking.for.Theo

Je vous laisserai dĂ©couvrir les autres histoires par vous-mĂȘmes.

J’aimerais cependant aborder avec vous certaines choses mises en avant par Victoria dans cet ouvrage, et qui pour moi, sont importantes


La premiĂšre, c’est le double tranchant des rĂ©seaux sociaux.

Vous le savez, l’influence des rĂ©seaux sociaux est quelque chose qui me passionne (je n’ai pas repris une formation de Community Manager par hasard).
Il y a dĂ©jĂ  le cĂŽtĂ© harcĂšlement sur les rĂ©seaux, notamment le harcĂšlement scolaire qui s’y poursuit, qui m’interpelle beaucoup, mais il y a aussi des consĂ©quences tellement aux antipodes l’unes de l’autres je trouve, vis-Ă -vis des cas de crimes ou disparitions.

D’un cĂŽtĂ©, le cĂŽtĂ© positif
 le fait de diffuser un avis de recherche, une histoire, sur les rĂ©seaux, ça permet de mettre la disparition ou le crime en avant, de chercher des tĂ©moignages, des personnes pouvant aider la justice ou les familles Ă  rĂ©soudre l’affaire.
On voit d’ailleurs de plus en plus de groupes, sur facebook par exemple, de « pseudo enquĂȘteurs » qui scrutent le moindre Ă©lĂ©ment d’une histoire pour essayer de trouver le fin mot
 Alors oui, c’est une bonne chose en ce sens, mais il y a un second effet kiss cool


Quand une histoire de disparition ou autre est propagĂ©e sur les rĂ©seaux sociaux, c’est lĂ  que les « bien pensant » entre grandes guillemets sortent de leur grotte et y vont de leurs commentaires les plus dĂ©placĂ©s les uns que les autres, souvent mesquins et ridicules, mais qui peuvent ĂȘtre tellement blessants et destructeurs pour les familles

Ces gens sont rĂ©ellement toxiques, nuisent plus qu’autre chose, et c’est tellement inutile et insensĂ©.
Sans compter ceux qui en profitent pour essayer de faire de l’argent sur le dos de ces familles dĂ©jĂ  dans le tourment
 je pense ici en particulier aux pseudos mĂ©diums qui demandent des sommes folles pour soit disant aider les familles, 


La seconde, c’est le cas des rapts parentaux.

Sur les rĂ©seaux (on y revient), les avis de disparition Child Focus (pour la Belgique) sont rĂ©guliĂšrement diffusĂ©s. Les mĂ©dias Ă©galement (dĂ©rivĂ©s de presse Ă©crite ou audio-visuelle) publient aussi rĂ©guliĂšrement des articles qui relatent des cas d’enlĂšvement d’un enfant par un de ses parents. Et parfois, ce que je lis dans les commentaires est affligeant.

Je vous mets un passage du livre qui rĂ©sume bien la situation et ce qui malheureusement, est une façon de penser assez rĂ©pandue


« En toute transparence, je dois avouer que, personnellement, chaque fois que je reçois une alerte Amber sur mon tĂ©lĂ©phone et qu’on parle d’un enlĂšvement parental, j’ai la fĂącheuse habitude de penser: Ah, mais l’enfant a Ă©tĂ© enlevĂ© par son pĂšre ou sa mĂšre, il est en sĂ©curitĂ©, ou bien: Ce n’est qu’une dispute de garde partagĂ©e, ça va se rĂ©gler. Mais en entendant l’histoire traumatisante d’Henrik Teton et en voyant la dĂ©tresse qu’il vit chaque jour depuis huit ans, ma vision a complĂštement changĂ©. »

La rĂ©alitĂ© des choses, c’est que non, ce n’est pas parce que le « ravisseur » est un des deux parents que c’est moins grave. Non, ce n’est pas parce que l’enfant est avec « son autre parent » qu’il est en sĂ©curité  Ce n’est pas parce que c’est « aussi » le parent de l’enfant que l’enfant ne risque rien et que l’histoire va se rĂ©gler facilement.
Combien de cas n’a-t-on pas vu de parents qui ne ramenaient pas leur enfant Ă  leur ex aprĂšs un droit de visite ou de garde partagĂ©e, et qui mettaient fin Ă  leurs jours et Ă  ceux de l’enfant, par dĂ©sespoir ?
Et trĂšs honnĂȘtement, pensez-vous que parce que l’enfant est avec un de ses parents, la douleur de l’absence et l’inquiĂ©tude sont moindres pour l’autre parent ? Vous ĂȘtes-vous dĂ©jĂ  demandĂ© comment doivent se sentir ces parents privĂ©s brutalement de leur enfant en voyant, sur les rĂ©seaux, les gens se dĂ©fouler en allant rĂ©torquer que « c’est pas grave », que c’est « encore une histoire de garde », que c’est « normal pour le papa de vouloir ĂȘtre avec son enfant », et limite que « c’est de la faute de la mĂšre qui doit ĂȘtre horrible » (je ne caricature mĂȘme pas ce que j’ai pu lire sous des articles relayant des rapts parentaux).

Je vous avoue que c’est un sujet qui me touche beaucoup
 Jamais je comprendrai ces parents qui, pour nuire Ă  l’autre (Ă  leur ex), se servent de la sorte de leur enfant. C’est quelque chose que je trouve lĂąche
 et au final, ça doit ĂȘtre tellement traumatisant pour l’enfant aussi, ne l’oublions pas
 Il est supposĂ© pouvoir avoir confiance en ses parents


J’ai enfin eu envie de vous partager ce « fait » concernant le Japon, qui m’a abasourdie :
(vous le savez, le Japon et sa culture, c’est quelque chose qui m’intĂ©resse Ă©normĂ©ment)

« Les lois au Japon ne sont pas les mĂȘmes qu’au Canada, en France ou aux États-Unis. LĂ -bas, en cas de divorce, le droit de garde partagĂ©e n’existe pas. Dans 80% des cas, c’est la mĂšre qui obtient le droit de garde et c’est Ă  elle de dĂ©cider si elle permettra au pĂšre de voir ses enfants. Si elle dĂ©cide qu’elle n’accorde pas le droit de visite au pĂšre, la dĂ©cision est finale. À aucun moment la justice ne peut intervenir, puisque ce type d’affaire n’est pas considĂ©rĂ©e comme un kidnapping, ni mĂȘme un crime, mais plutĂŽt un simple malentendu familial. Le plus inquiĂ©tant est qu’au Japon, l’enfant n’est pas considĂ©rĂ© comme un individu ayant des droits, mais plutĂŽt comme un meuble qu’on se dispute, comme la propriĂ©tĂ© du foyer. Lorsqu’il y a un enlĂšvement, l’enquĂȘte est trĂšs courte et peu efficace. Selon l’avocat Akira Ueno: «La police dispose d’un an pour enquĂȘter. Si au bout de cette pĂ©riode, on estime que les enfants ne sont pas en danger dans leur nouveau foyer, la garde est automatiquement accordĂ©e au parent kidnappeur.»

***

Vous l’aurez compris, les livres de Victoria Charlton ne sont pas de « simples livres », ils poussent Ă  l’interrogation, Ă  la rĂ©flexion, et comme le titre le mentionne si bien, Ă  garder l’oeil ouvert. 

J’espĂšre sincĂšrement qu’il y en aura d’autres, car il y a tellement de cas encore irrĂ©solus, de familles dans la souffrance, dans les doutes, dans la peur, dans l’attente…

***

 

Pour aller plus loin


Une info concernant les « réseaux » de personnes disparues

The Doe Network: ce site, crĂ©Ă© en 1999, est celui d’une organisation Ă  but non lucratif qui tente de rĂ©unir toutes les disparitions du monde entier dans un mĂȘme espace. Il est divisĂ© en deux parties: l’une regroupe toutes les personnes disparues classĂ©es par pays, provinces ou États, alors que l’autre regroupe toutes les personnes retrouvĂ©es sans identitĂ©, elles aussi classĂ©es par pays, provinces ou États.

NamUs: NamUs est le site amĂ©ricain du National Missing and Unidentified Persons System. On y dresse la liste de toutes les personnes disparues et retrouvĂ©es sans identitĂ© aux États-Unis. La liste de personnes disparues s’élĂšve Ă  600000 noms. Chaque annĂ©e, de nouvelles victimes s’y ajoutent. Toujours aux États-Unis, on compte plus de 4400 corps non identifiĂ©s.

Documentaire cité dans le livre :

Netflix a sorti une sĂ©rie de six Ă©pisodes, intitulĂ©e Historia de un crimen: La BĂșsqueda, qui porte sur l’histoire de la petite Paulette.

« Par contre, plus les Ă©pisodes avançaient, plus j’étais horrifiĂ©e, dĂ©goĂ»tĂ©e, complĂštement frustrĂ©e par ce que je voyais. La sĂ©rie se veut satirique, le rĂ©alisateur a fait le choix de se moquer du manque de professionnalisme des enquĂȘteurs, de Bazbaz, de Castillo et des politiciens mexicains. C’est une comĂ©die romantique plutĂŽt qu’un drame. Et tristement, on semble oublier que, dans tout ce tourbillon mĂ©diatique, une fillette de quatre ans a perdu la vie de maniĂšre injuste. »

[Avis de lecture] Aokigahara, la forĂȘt des esprits, de Sarah-Lyne Ishikawa

Aokigahara, ou la foret aux suicides et  aux  esprits, possĂšde une  bien triste rĂ©putation.  Car en gĂ©nĂ©ral, toutes les histoires qui rapportent finissent mal.  C’est pourtant lĂ  que Joben Sugawara  a dĂ©cidĂ© de mettre fin Ă  ses jours. Et pourtant
 

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auto-Ă©dition
216 pages – 18 fĂ©vrier 2018
Note personnelle : ★ ★ ☆ ☆ ☆

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Je ne sais pas si vous avez dĂ©jĂ  entendu parler de la forĂȘt de Aokigahara, mais pour ceux qui s’intĂ©ressent un tant soit peu aux “lĂ©gendes urbaines” ou au surnaturel, elle a un surnom un peu moins engageant : il s’agit de la forĂȘt des suicides.
Moi qui suis assez fan de la culture japonaise au sens large, cette forĂȘt Ă  la bien triste rĂ©putation m’a toujours fascinĂ©e, que ce soit tant point de vue “culturel” pur que pour le cĂŽtĂ© paranormal et mystĂ©rieux qui l’entoure.

J’ai dĂ©jĂ  regardĂ© pas mal de vidĂ©os Ă  ce sujet, mais j’ai trĂšs peu vu d’ouvrages en français sur ce lieu, et je suis tombĂ©e un peu par hasard, au grĂ© de mes pĂ©rĂ©grinations sur Amazon, sur ce livre.

Aokigahara est une immense forĂȘt de 3 500 hectares qui s’étend Ă  la base du mont Fuji . Elle se trouve au Japon . Elle est aussi connue sous le nom de Jukai , ( mer d’arbres ) . Tristement cĂ©lĂšbre pour le nombre important de personnes retrouvĂ©es mortes ( suicide par pendaison dans la majoritĂ© des cas ) , mais aussi pour un grand nombre d’histoires de forĂȘt hantĂ©e par des esprits errants , celle – ci inspire de nombreux auteurs . Aokigahara est devenu l’endroit prĂ©fĂ©rĂ© des Japonais pour mettre fin Ă  leurs jours ( 200 suicides pour l’annĂ©e record de 2010 ) .

Sur le fond, j’ai beaucoup apprĂ©ciĂ© ma lecture
 mĂȘme si elle  n’était pas du  tout ce Ă  quoi je m’attendais.
Ce livre est une fiction
 (je ne l’avais pas compris au dĂ©part, donc j’étais au bord de la dĂ©convenue
 ) mais finalement, c’était trĂšs intĂ©ressant.

L’autrice ne se contente pas de nous placer l’action  de l’histoire dans la forĂȘt, mais elle nous explique aussi certaines notions typiquement japonaises.

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